PROJECTION DE LA A. B
L'image eidétique se laisse-t-elle au contraire parcourir par le regard, comme un objet fixe ?
5° Rapports avec les mouvements d’inclinaison latérale de la tête. — On sait que l’image consécutive s'incline avec la tête, tandis que la représentation peut rester indifférente à de tels mouvements. L'image eidétique, ici comme ailleurs, occupe une position intermédiaire et variable, tantôt gardant la liberté de la représentation, tantôt s’inclinant presque autant que l’image consécutive. Cette ambiguïté ne signifie d’ailleurs pas que l’image eidétique qui s'incline comme une post-image en est une, l’image eidétique qui résiste à l’inclinaison de la tête comme une représentation n’étant qu'une représentation. L'orientation de l’image eidétique résisterait aussi bien et peut-être mieux aux plus amples variations d’attitude de la tête si cette image était vraiment une perception 4.
6° Xapports avec l'écran. — Des mystérieux rapports de la représentation avec le fond, sa nature, ses irrégularités, ses rotations, ses déplacements, je me borne à rappeler qu'ils sont fort lâches et que représentation et écran jouissent, l’un vis-à-vis de l’autre, de la plus grande liberté, On sait qu’il n'en est pas de même avec l’image consécutive; elle est, dans la règle, adhérente à l’écran, elle préfère un fond homogène, et elle ne résiste guère à la projection sur fond bariolé; si on fait tourner l’écran, si on emploie une surface cylindrique, un angle dièdre, elle subit des déformations bien connues; l’observateur la voit enfin grandir, selon la loi de Emmert, à mesure que l'écran s'éloigne.
Comment va se comporter l’image eidétique ? Ici encore, se retrouve la comparaison de Jaensch : de même que le jaune offre d'innombrables intermédiaires entre le vert et le rouge tout en étant ni l’un ni l’autre, ni le résultat de leur « synthèse », de même l’image eidétique va de l’image consécutive à la représentation tout en gardant sa personnalité; tantôt elle oppose à l’écran l'indifférence de la