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CAS DOUTEUX

quelquefois : quand il regarde une affiche, elle le suit, sur le pavé, sur les maisons.

Nous fixons dix secondes le couple de lapins : « On n’a pas pu l’étudier la dernière fois, on va voir s’il reparaît. Nous allons travailler notre problème avec lui ». Le résultat est une image négative sans détails. Les moustaches, vivement représentées, restent invisibles.

Le chien aux trois ballons, dont quelques fillettes ont tiré de parfaites images négatives, est fixé à son tour. « Je vois du bleu, le ballon de droite est jaune, celui du milieu est gris ». « Et celui de gauche ? » « Il est... vert ». La réapparition de cette couleur constituant une image positive, nous insistons : « Vert ? » ... « Je ne sais pas. Je ne vois pas bien ».

Nous passons à l’examen libre d’une vignette allemande à silhouettes, celle dont les sujets d’Allport extrayaient l’image eidétique des seize lettres d’un mot allemand inconnu d'eux. Ba... déclare obtenir la représentation d'une partie des détails et la vision des autres, de « Gartenwirtschaft » en particulier, dont il ne peut néanmoins lire aucune lettre. Quant à la fixation de ce dessin, elle fournit un carré foncé où les silhouettes noires s’esquissent en « blanc », sauf l’une d’elles, qui reparaît en noir. L’inseription ne reparaît pas.

Vingt secondes d'examen libre de l’épée transperçant trois rats aboutissent à une image négative classique l’épée blanche devient noirâtre, le fond noir est maintenant clair et les personnages restent à l’état représentatif.

L’évocation de la fiasque ramène les réponses de l’avantveille, et celle des lapins ressuscite (sous forme d’image eidétique ?) l’image négative obtenue au début de la séance : un nuage bleu et jaune sans le moindre détail.

Une troisième séance a lieu, trente-six heures plus tard, avec M. F... et un de ses amis.

Cette fois, les examens libres nous valurent des représentations quelquefois compliquées d'images négatives, et les fixations aboutirent à des images négatives pures. Seuls, les souvenirs de la fiasque et du mendiant, évoquée ou vu dans les séances précédentes, persistent à se dessiner sur le

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papier gris. — Réserve faite de ces deux fragments, stéréotypés, Ba... se comporte de plus en plus comme un adulte normal. Il reste plein d’ardeur, mais est rougissani et un peu gêné.

Voici la conclusion de M. F... : « Il y a eu des images eidétiques au début, mais les conditions affectives favorables à leur épanouissement ont disparu ». De mon côté, je crus devoir rapprocher Ba... des sujets doués un instant de pseudo-images eidétiques, d'images éidétiques... psychiques, sujets comparables aux pseudo-hallucinés de Kandinski ou de Baillarger, qui disent « j'ai vu, J'ai entendu », et qui peuvent être amenés à reconnaître « je n’ai rien vu ». Ces images eidétiques psychiques seront reconnues pour telles ou disparaîtront à mesure que les épreuves se préciseront et que s’éveillera l’esprit de collaboration critique à la solution d’un problème. Je n’allai pas Jusqu'au terme de ce rapprochement, et Ba... reste un cas inutile et douteux.

Au total, on a recherché ici les images eidétiques par des procédés constants, voisins de ceux que recommande l’école de Marburg, en liaison avec elle, avec la collaboration étroite d’un eidéticien, en s’efforçant de respecter la spontanéité des sujets, de leur laisser tous leurs moyens, d’en faire des collaborateurs.

Les résultats ont été les suivants

Nombre de cas observés : 200.

Images consécutives : présentes chez tous les sujets, dans toutes les épreuves, et toujours négatives.

Les images consécutives positives de Jaensch n’ont jamais été observées.

Images eidétiques : 199 cas négatifs et un cas douteux.

Ce que j'ai uniquement obtenu, après critique spontanée par le sujet de ses erreurs verbales, ce sont des post-images négatives, réduites au minimum de complexité. Jamais mes sujets n’ont obtenu les images consécutives relativement complexes qu’obtient aisément un adulte un peu averti; jamais, en complétant leurs pauvres post-images négatives par des représentations, ils n’ont pris ces images noétiques pour des images eidétiques, encore moins esthésiques.

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Les chiffres et les faits cités ici ne me permettent pas de taxer d'erreur Jaensch et ses élèves. Quoi qu’on pense de la pédagogie, de la psychologie et de la philosophie un peu mythiques qu'ils ont édifiées sur les images eidétiques, je ne crois pas qu’on puisse sommairement attribuer à l'erreur, au mensonge, à la suggestion, les innombrables cas positifs de leurs statistiques. Il faut poursuivre les observations, et les conclusions exactes sortiront d’ellesmêmes des faits bien observés.

Travail de Cramaussel.

M. Cramaussel, à Montpellier, a également collaboré avec M. Freiling, et cherché avec lui les images eidétiques *. —— Les sujets étaient des élèves d'écoles primaires et supérieures, âgés de dix à dix-neuf ans. C... n’en indique pas le nombre. Il précise qu’une séance à domicile et une séance au Lycée n’ont rien donné. Les séances utiles ont eu lieu au laboratoire. Huit ou dix sujets sont réunis dans une salle d’attente, ils en sortent un par un et n’y reviennent pas. Quelques personnes assistent à l'expérience. La méthode suivie est celle de Marburg. Parmi les dessins, citons un Petit Chaperon Rouge et une Femme Arabe. L'épreuve individuelle dure de quelques minutes à quelques quarts d'heure.

« Les faits positifs sont inégaux et leur pourcentage incertain (assez faible semble-t-il, peut-être 10 ou 12)». Trois des faits sont détaillés, les voici :

« Sujet 3. — Mie de B., 16 ans 4 mois.

Examen du petit Claperon Rouge, 30 secondes.

Pendant 60 secondes, rien.

Voit le loup... la gueule ouverte, la langue sort, rouge, pendante.. Les dents d’en haut... Les oreilles raides (non penchées).. l’œil vers la petite fille... les pattes. le corps... la queue... (Les pattes sont marron... pas de même nuance... les plus foncées sont celles de derrière, celles du deuxième plan, puis celles du premier plan)... La petite fille a un chapeau rouge... un panier (marron clair)... Dedans... (des légumes)...

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