H. ET LÉSIONS DE LA RÉTINE
qu'un sujet à qui son décollement de la rétine vaut des hallucinations et non des illusions, et des hallucinations qui suivent les mouvements de l’œil, les perde dès qu 1] ferme les yeux. Ce qui se passe dans loue des images consécutives à lieu probablement ici : quand on observe une image consécutive les yeux ouverts, leur fermeture la fait momentanément disparaître; mais elle reparaît presque toujours, souvent transformée, au moins dans ses couleurs et sa clarté. La fermeture de l’œil n’a pas la moindre action sur la visibilité d’une hallucination, Quand elle est bien endogène, plus il fait noir, mieux on la voit. Il se peut que la fermeture de l'œil, en modifiant un état physiologique, supprime l’hallucination; et il se peut que des hallucinations par décollement rétinien exigent l’excitation lumineuse de la rétine; il est tout à fait improbable qu'aucun décollement de la rétine ne soit capable d’occasionner des visions dans l’obscurité totale.
11 me paraît tout aussi difficile d'assurer que les hallucinations du décollement rétinien sont toujours noires, les autres hallucinations visuelles périphériques étant toujours colorées. Toute lésion de l’œ1il ou des voies optiques peut donner des visions incolores ou colorées ; et la lésion prétexte de la vision n’a pas encore dit le pourquoi de ce gris, de ce noir ou de ces couleurs, Un malade atteint de kératite voyait des figures, des visages, d’abord tout rouges puis tout bleus 5, et l’on sait que le rouge serait la première victime dans l’évolution de certaines achromatopsies. Mais dans le cas dont il s’agit, le sujet percevait toutes les couleurs ; d’où l'intérêt que présenteraient, à côté des hallucinations des aveugles, celles des achromatopsiques, dischromatopsiques, daltoniens tardifs. L’aveugle pour le rouge a-t-il de préférence des visions rouges ? Des hallucinations ou des phosphènes de couleur uniforme peuvent-ils être modifiés par des verres de couleur, etc. ?
Je serais enfin surpris qu'un syndrome hallucinatoire par décollement de la rétine fût indifférent aux déformations, aux flottements, aux renversements, aux « tête en bas », aux métamorphopsies que le décollement impose aux perceptions.