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LÉSIONS OCULAIRES ET H. LILLIPUTIENNES

tache aveugle. La tache aveugle, soit dit en passant, me paraît être un excellent terrain pour les hallucinations elles n’y trouvent pas de perceptions vraies pour les concurrencer, la tache aveugle est inconsciente, elle n’est pas tout à fait aveugle, et quand on réussit à y provoquer une perception, extrêmement vague et lacunaire, le sujet tend vigoureusement à la compléter, à faire de la Ergänzung 6,

Dans le même ensemble d'idées, les lésions unilatérales occasionnent-elles des hallucinations unilatérales ? Oui, parfois, mais cette question se rattache à celle de la destinée d’une vision quand on ferme l'œil qui la perçoit, et à celle de la notion que nous pouvons avoir de l’œil qui perçoit un objet quand les deux yeux sont ouverts, On n’a pas cité, à ma connaissance, d’halluciné qui ait eu des visions assez complaisantes pour lui permettre de résoudre ce triple problème,

L’hallucination la plus strictement monoculaire, déclenchée par un iritis droit, pourra paraître bilatérale au sujet peu averti, puisqu'il la voit parfois encore, puisqu'il doit la voir encore, lorsqu'il ferme l’œ1l droit, ne se doutant pas que c’est toujours avec l’œil droit qu’il la voit 61.

L’hallucination par lésion oculaire est souvent lilliputienne et, nous l’avons vu, il est parfois noté qu’elle croît avec la distance du plan de projection. Mais, ici comme à propos des hallucinations exesthésiques, 1l n’est pas possible d'exploiter à fond un pareil fait et de conclure : les visions d’origine oculaire ne sont au fond que des phosphènes, ont pour objet la lésion oculaire, objet réel mal interprété, les hallucinations lilliputiennes doivent cette qualité à leur ophtalmologie et non à leur psychologie, toutes ces hallucinations croissent avec la distance et sont petites quand elles sont vues de près, toutes sont Gullivériennes. On ne peut pas généraliser la théorie optique, pas même quand il s’agit dé la catégorie Lilliputienne des visions ; et il semble que ce soit souvent « par la fenêtre », « dans la prairie » que les malades voient leurs gnomes,

60. Feinberg, L. €. — 61. Cf. Les hallucinations et les images consécutives, p. 136-137.

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