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CRITIQUE ONIRIQUE DU RÊVE

tion, on pourra très vraisemblablement opposer un rêve où les perceptions se résolvent en images dès qu’on s’avise d'y faire attention. Mais en attendant qu’on puisse comparer ces deux types d’onirisme, au moins peut-on s'appuyer sur les exemples du premier.

Il faut croire que les vérifications oniriques de perceptions sont bien convaincantes puisqu’un spécialiste du rêve n'hésite pas à écrire : « Ne serait-il pas admissible de suggérer que, pendant le sommeil, des sens différents de ceux qui nous servent à l’état de veille agissent... dans l’infra-rouge et l’ultra-violet... Je suis coloriste et me fais fort de distinguer soixante à quatre-vingt jaunes. Eh bien j'ai le souvenir de colorations tellement intenses dans mes rêves que je ne puis les comparer à rien de ce que j'ai vu. J’en jouissais de façon plus entière, plus concrète. Elles ont une transparence, une vie propre, que celles de la réalité n’ont pas ? ».

En entrant dans cette voie, on ferait de la sensation de lévitation par exemple, une sensation ou plutôt un sens original, spécial à la vie du rêve, et de la volonté de lévitation, absente de la veille, une volition spécifiquement onirique.

Sans partager cet enthousiasme de Schatzmann, au moins ne peut-on refuser d'entendre le rêveur s’il prétend avoir, en rêve — du dedans, dira-t-il peut-être — critiqué ses perceptions.

Il opère d’abord une distinction vigoureusement tranchée entre les images et les perceptions de ses rêves : Delage cherche en rêve ses chaussures, cherche partout et se raconte mentalement, en écoutant ce qui se passe, en regardant et en cherchant, une histoire pittoresque; il voit un registre et, devant cette perception, il réfléchit, assez ingénieusement dit-il, aux meilleurs moyens, pour un commerçant, de détruire ses livres. — On trouverait difficilement un rêve paraissant confirmer une opinion qui à été Je crois émise, et d’après laquelle le rêve, vidé de raison, de volonté, : d'émotion et de perception, serait uniquement fait d’une poussière d'images. Lorsqu'il rêve comme lorsqu'il veille,

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