‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 279 sur 422 · Cf. Pathologie des exesthèmes, p. 1925; p · texte numérisé non relu

Cf. Pathologie des exesthèmes, p. 1925; p

VISIONS PARAGNOSIQUES 345

on obtient l’inconscience de la cécité, la faculté d'affirmer la vision en l’absence de perceptions, d’hallucinations et d'images *. Les agnosiques visuels seraient parents de ces aveugles déments qui affirment voir. Les agnosiques visuels seraient volontiers paragnosiques et reconnaîtraient n’importe quoi dans n'importe quoi. À un plus faible degré, on conçoit qu’une parésie de l'imagination puisse précisément contribuer à libérer une tendance aux illusions visuelles.

Faut-il chercher dans cette direction la clef du cas de Marillier ? peut-on profiter de la brièveté de ses descriptions pour prétendre que ce psychasthénique, en traduisant les Perses, avait des instants de profonde détente intellectuelle pendant lesquels il était paragnosique et romançait des perceptions, des sensations ambiguës, des phosphènes et des images consécutives ? Ses affirmations et, malgré tout, quelques précisions descriptives, ne permettent que de poser la question.

Elle s’est récemment posée devant la Société de Psychologie 1. M. Meyerson craignant que la pensée, surtout chez les hallucinés, ne remanie très vite les états de conscience concrets, cherche « une sorte d’image-donnée immédiate », sans opérations intellectuelles surajoutées. Il trouve des « images libres », ou, « mieux », dit-il fort bien, « aberrantes », brusques, fugitives, imprévues, sans rapport avec la pensée et l’expérience actuelles. Ce sont des « imageséclairs », des apparitions, des illuminations subites. C’est, par exemple, la vision d’une horloge. Elle semble nette et précise, et on a une forte tendance à dire : « j'ai vu »; mais on ne pourrait donner aucune précision sur la forme, la couleur, les dimensions. Au fond cela n’en a pas. Autre exemple : un paysage, avec sa flore, sa faune et ses humains. La vision, lumineuse, paraît nette, précise et détaillée. Elle donne une extraordinaire impression d’organisation et d’individualité. Et pourtant, on n’y trouve que des traits généraux, assez abstraits; on ne peut rien pré-

9. Cf. ch. I, p. 17, et Neurol. de l’hallucin., p. 293. — 10. I. Meyerson, Les Images-Eclairs. Journal de Psychologie, 1929, 569-580.

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