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LA VISION ET SA DESCRIPTION

de rentrer chez elle, elle semble céder à une contrainte lorsqu’elle parle de ce qu’elle à vu. — Progressivement et assez rapidement, elle n’a plus, semble-t-il, ni visions ni mission ; mais la certitude des visions, missions et réalisations passées semble persister, et reste au moins affirmée. — M V... a pu rentrer dans sa famille et y séjourner sans inconvénients.

Son cas m'a rappelé un homme de 40 ans qui avait fait un accès de confusion mentale au cours d’un ictère infectieux. Il s’effrayait des lueurs nocturnes de sa chambre et leur prêtait des intentions hostiles, mais sans parvenir à des illusions ou hallucinations à leur sujet. M®% V... a mieux réussi, mais semble avoir également utilisé et romancé des reflets, des phosphènes et des images consécutives. Parfaitement en état de donner mille détails à la cathédrale, à la couronne, aux petits souliers et aux anges combattants, elle ne l’a pas fait. Ces objets étaient merveilleux, parfaits; il n’y manquait rien, mais, comme Marillier, elle ne pousse guère sa description au delà du nom de l’objet, vers les parties, les détails, les éléments.

Mais cela ne veut pas dire qu’elle ne les ait pas vus. Qu'on soumette à n'importe qui, pendant quelques instants, un entrelac un peu complexe et assez neuf; le sujet en a tout vu et il n’en peut rien dire. Dans les images consécutives les plus simples, nous sont apparues des formes qui se prétendaient complexes et s’efforçaient de réduire la post-image au rôle d'occasion. M V..., ne pouvant pas nous dire si, oui ou non, sa couronne et ses anges ont été quelque chose de plus que le nom mystique d’un reflet sur une carafe et d’un phosphène sautillant au plafond, il faut s'adresser, pour essayer d’en savoir plus long, à des hallucinations toxiques voulues par un sujet supposé normal, ou à des hallucinations toxi-infectieuses observées par un sujet préalablement renseigné sur les difficultés.

Auto-observation d’hallucinations d’origine toxi-infectieuse. Leur irréductibilité.

J’ai subi, moi aussi, des hallucinations visuelles, et dans mon cas comme chez les autres, elles ont triomphalement lutté contre ma critique. Je n’ai jamais pu les réduire à des images, à des objets extérieurs présents, à des phosphènes,

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