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PERCEPTIONS ET IMAGES AUDITIVES

Phénomènes auditifs. — 1. Bruits subjectifs perçus comme tels, bourdonnements, sifflements, etc. : zéro.

2. Bruits irréels probablement sous-tendus par des bruits réels non identifiés. — Sons indéterminés. Souffles, chocs, 2227, VVVv, vit — Foule, clameurs, coups de sifflet. Bruits de pas très variés : chevaux, gens en sabots, dans une salle, sur un plancher, dans un escalier de bois, dans un couloir mosaïqué, dehors, sur un escalier de pierre, sur la route (tous objets fixes réels, présents et vivement repré-

sentés). — Bruits de conversation très nets mais sans paroles distinctes. —— Les gendarmes causent, les chevaux piaffent, les mors et les gourmettes. — Le tram pressé,

l’arrosoir qui se remplit.

3. Bruits probablement réels et bien identifiés, mais perçus comme hallucinations. Les autos.

4. Bruits sûrement réels, très exactement identifiés, et perçus comme hallucinatoires : les internes.

Mélange de bruits réels reconnus, de bruits irréels à source réelle non identifiée, et de bruits irréels sans origine extérieure saisissable : la gare.

Représentations auditives vives. Voix et paroles de personnes connues. — La cavalerie sur la route, sur les pavés, sur les plaques de fonte.

Le tohu-bohu silencieux, le tumulte imperceptible.

Un fait est presque toujours répété dans cette observation : la présence d’un objet extérieur, d’une post-image ou d’une lueur métesthésique sous les visions.

On voit les post-images se faire visions devant le sujet non intoxiqué et non endormi, précisément occupé à observer et à critiquer ses métesthésies. Qu'un peyotlisé les peuple au hasard d’objets quelconques n’est done pas si étonnant.

Celui qui a été étudié ici semble donc avoir fait toutes ses visions avec des objets extérieurs, des images et des lueurs consécutives, des phosphènes et des acouphènes, que la réalité sous-hallucinatoire ait été perçue et reconnue, perçue et non reconnue, non perçue et inconsciente.

On la retrouve dans de très nombreuses hallucinations où son rôle n’a pas été envisagé. Nous avons rappelé

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Schatzmann voyant, au-dessus d'une cigarette, la face inférieure d’un nez, et, ajoute-t-il, « un costume d’un bleu agréable ». Cela rappelle certaines images consécutives complexes : au centre, l’image, de teinte encore chaude, d’un corps lumineux fixe, d’une lampe, — c’est la cigarette —; un peu plus loin, l’image, fuyant déjà vers les teintes froides, de quelque partie moins lumineuse ou moins éclairée, —- ce sont « les narines » de la vision de Schatzmann — ; à la périphérie enfin, l’image froide d’un objet plus ou moins éclairé et non fixé, un abat-jour par exemple, — c’est le vêtement bleu, Schatzmann nous parle ailleurs d’une dentelle très riche, « au métier extraordinaire ». Elle est en haut et à gauche, et « elle se dérobe dès que je veux la fixer ». Ce dessin compliqué sur fond rose, et qui fuit le regard, n’est-1il pas à peu près sûrement une image consécutive ? Et chez le sujet de Roubhier, la barrette d’émail, la bague de diamant, le poussin, l’aiguière de cristal, les cerceaux bleus, la muraille, avec ses tiges végétales perpendiculaires au plan vertical, ses améthystes intercalées, et son lézard, rappellent, en plus riche, les objets que j'ai vus dans mes post-images et mes lueurs métesthésiques : la machine par exemple, avec ses fils, ses ressorts, ses spirales violettes sur fond rose, et la balle bleue tournoyant dans le mécanisme.

L’halluciné reconnaît tout cela, mais il répète : « ma post-image discoïde et homogène ou mes lueurs consécutives compliquées, et les objets fantastiques ou familiers que je crée, ce sont deux choses »., Il se rappelle que le rêveur fait souvent des rêves visuels synopsiques, en percevant inconsciemment un son. Lorsque le rêve visuel a pour point de départ un phénomène optique, ce phénomène ne peut-il pas être, pour sa part, inconscient, et ne s'agit-il pas d’une synopsie à base visuelle où la sensation visuelle qui provoque la vision pourrait rester inconsciente, et, même consciente, même reconnue, ne serait qu’une cause occasionnelle et contingente ? La post-image et la lueur consécutive dans mon cas, la plage et la mer chez le sujet de Havelock Ellis, ne seraient pas des personnages, décors

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