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OBJETS PRIS POUR HALLUCINATIONS

ou accessoires de la vision, ne feraient pas partie de sa matière; elles n’en seraient que le cadre, le substrat. La vision se répandrait en elles, venue d’ailleurs, à leur occasion et à leur rencontre.

Ce symptôme d'intoxication : le besoin d’avoir des perceptions infondées... illégitimes, d’être créateur de visions, cette opsiphilie, cette opsithymie ira jusqu’à faire croire au sujet, non pas que ses visions sont des objets réels, mais que ses perceptions les plus correctes sont des hallucinations. Il a perçu des bruits, des pas et des conversations, très exactement, et, debout, bien éveillé, scrutant le silence « pour en avoir le cœur net », il décide que ce sont des hallucinations, Il a parfois refusé de retrouver une postimage dans ses visions. Le voilà qui refuse l’existence aux objets les plus présents, les plus agissants et les mieux perçus. Et il raisonne : « si je vois des hallucinations dans mes perceptions les plus correctes et les mieux identifiées, n’est-ce pas une nouvelle preuve que mes hallucinations sont bien des perceptions indiscernables des objets ? » On lui répondra que s’il est capable de prendre pour des hallucinations des objets perçus à qui sa mémoire et son imagination n’ajoutent rien, son opsiphilie pourra faire merveille quand il s’agira de ne plus reconnaître la matière objective ou métesthésique des visions peuplées d'images.

Il ne conteste pas que la plupart de ses visions, toutes Perception qu’elles lui paraissent, sont immédiatement perçues par lui comme très différentes des objets réels. Sans doute, il à vu jusqu’à saint Jean-Baptiste, et même le Christ, dans « Le peintre et sa fille »; mais si la copie du tableau de Vigée-Lebrun était présente, il n’en voyait qu’un rectangle bariolé, avec des reflets, sans forme reconnaissable ; il a bien, écoutant des voix devant une vitre, discuté le degré de réalité d’un reflet sur le verre; mais tout objet visuel correctement perceptible et identifiable a été correctement perçu, identifié, et accepté comme réalité, sans que s’ébauche jamais le doute : « et si c'était une hallucination ? » Règle très générale, les objets et les visions se sont présentés à lui sous deux aspects bien différents ; et ses visions, sous-tendues ou non par des post-images et des lueurs consécutives conscientes ou inconscientes, ont

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