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L'HALLUCINATION RECONNUE

ümbre, hauteur, intensité, direction, distance, son, bruit, objectivité, matérialité.

Il y a ainsi des hallucinations auditives verbales pures. Aucun autre trouble psychique ne les accompagne ; le sujet, féoricitant par exemple, entend des paroles, constate que ce sont des hallucinations, et les écoute curieusement. C’est l’Hallucinose.

Sandras, très malade, un séton à la nuque, entend une petite voix, un peu au-dessus de sa tête, au chevet de son lit : « Il faut supprimer ton séton ». Et elle répète cet ordre opiniâtrement. Elle lui ordonne de manger. Tout ce qu’elle commande est précisément conforme au désir et aux préoccupations de l’auditeur. « Ces sons étaient tels, dit Sandras, que même avec la conviction scientifique qu’il s'agissait d'une hallucination, je devais affirmer que j’entendais réellement. Quand je demandais mentalement à la voix : qui veut qu'on me supprime mon séton ? la voix répondait : c’est Stanis (moi-même) » !.

Les sujets les plus conscients du caractère hallucinatoire des voix qu’ils subissent leur reconnaissent, beaucoup plus qu'aux hallucinations visuelles, le pouvoir d’engendrer le délire. Ils ont à lutter douloureusement pour échapper à cette singulière phrénogénie ou, simplement, l’équilibrer. Les hallucinations visuelles, objets de simple lumière, parasites d’un monde visuel déjà plein, sont aisément exclues de la réalité et prises pour ce qu’elles sont. L’hallucination auditive vraiment esthésique, même réduite à n’être que Sonorité pure, n’est guère plus dépourvue de matière que les voix réelles; et elle dispose de toutes les discontinuités de notre vie auditive pour s’y étaler sans concurrence. Pour nier sa « réalité » le sujet n’a souvent que deux faibles raisons : l’improbabilité actuelle de la voix ou des paroles, et leur privation de tout certificat visuel : la voix dit des choses actuellement très improbables, et, surtout, ce n’est qu'une voix, rien de visuel ne la soutient; on parle, mais il n’y a personne. Très souvent, premier degré du délire, quand l’observateur dit « tu as des hallucinations », le

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