‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 334 sur 422 · FAITS NEURO ET PSYCHOGÈNES · texte numérisé non relu

FAITS NEURO ET PSYCHOGÈNES

entre elles, désordonnées, éparses, rompant avec le cours de la pensée comme de soudaines explosions, les perceptions que subit le malade sont bien loin d’être toujours athématiques. À côté de celles qu’expliquent provisoirement les hasards des frayages corticaux, on est tenu de conserver celles qui peuvent prétendre être des parties convenables d’une méditation correcte. La voix dit parfois au mari, « Il fait beau ce soir », mais la clinique oblige à reconnaître qu'elle lui affirme souvent son infortune, et on ne peut négliger la logique de l’eidétisme ou des hallucinations volontaires, Il y a la perception pathologique incohérente au cours de la pensée, « neurologique », et elle va de l’absurdité à la découverte dont nous étions incapables !7; et il y a aussi la perception fausse couronnement de l’idée fixe, survenant peut-être dans un état de détente intellectuelle et dans un îlot de rêverie, mais toute sporadique qu’elle est, en relation logique et affective étroite et intensément consciente avec les soucis actuels.

Flot de nature étrange, mais à sa place et de forme attendue, dans le courant de la pensée, ou tourbillon, ou îlot soudain, imprévisible, improbable, inattendu, impossible, l’hallucination n’est pas toujours un phénomène subit et bref, un éclat fugitif, mot isolé, phrase courte, parenthèse instantanée. Ce peut être un discours, et un discours suivi, sans que le malade en éprouve moins vivement la terrible matérialité.

M. O... vient me trouver pour me poser une question que les malades ne posent guère : les voix qu’il entend sont-elles réelles ou imaginaires, viennent-elles d’ennemis extérieurs ou de son propre cerveau ? « Ils » lui font de la « téléphasie », mot qu’il ne comprend pas, qu’il ne connaissait pas, et qu’ils lui ont fait connaître. Il comprend et s’efforce d'admettre la thèse médicale que je soutiens, paraît parfaitement assimiler mes explications et mes exemples, et reconnaît tout le premier que « les fortifiants » lui valent parfois d'entendre moins ou pas du tout. — Il estime pourtant ne pas pouvoir éviter de m’opposer des faits frappants.

« M. le Docteur, j'ai vingt-huit ans de musique et, tout à

l'heure, dans votre salle d’attente, ils m'ont chanté un air que je n’ai jamais entendu, dont j’ignorais totalement l'existence.

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