‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 336 sur 422 · H. A. V. ET IMPULSIONS MOTRICES · texte numérisé non relu

H. A. V. ET IMPULSIONS MOTRICES

et phrases), quelquefois organisées entre elles comme dans le cas de Marillier, d'ordinaire incohérentes et livrées telles quelles au pouvoir de synthèse du malade, celui-ci subit très souvent d’autres phénomènes, encore plus inquiétants. Ce ne sont plus seulement des sensations diverses qui s'ajoutent aux hallucinations auditives, ce sont des actes qu'il est obligé d'accomplir.

C’est ainsi que M. M... ? est obligé d’avaler le sang qui remplit sa bouche. Il est contraint d'avancer dans l’eau jusqu’à perdre pied... Défense de nager... Il ne peut s’en tirer qu’en faisant la planche... Il faut qu’il se promène une demi-heure en cercle, dans la rue, en plein jour. Il faut qu’il entre dans un café et fasse trois fois le tour du billard.

M. P.., qui s'entend traiter de « coq blanc », autrement dit « tu n’as rien dans tes pantalons », à qui l’on fait voir des armes, fusils, mitrailleuses, une pièce de marine sur la pelouse, ou, la nuit, dans son lit, un 75 au-dessus de sa bouche, M. P.. est « forcé à des choses que je ne ferais pas... dire mon acte de contrition... aller me confesser en chemise... on m’immobilise le bras droit... on me fait faire des gestes de fou... aller aux W.-C. quatre fois de suite... tourner sur moi-même... Je suis obligé de me soumettre tellement on me travaille. Si je résiste, je suis comme si j'allais mourir... je me sens m'en aller ».

M Q.. à l’extrême début d’une longue psychose, est contrainte de casser des carreaux, de monter sur le toit; d'aller chez X... lui dire « faites-moi une croix avec mon foulard », et chez YV... « ôtez votre casquette et mettez-vous sous l’électricité ».

Les malades s’affligent de l’absurdité des actes auxquels 1ls se sentent contraints; et, parfois, des manifestations plus nettement « neurologiques » achèvent de montrer, dans les excentricités du patient, des éléments et des causes plutôt que des effets d’un délire, des phénomènes d’automatisme apsychique, sous-cortical même, soutient-on parfois.

M. R... est très agi et ne peut se soustraire à de nombreux actes ou arrêts d’actes. « Il me force à aller, venir... Il me fait parler... Il m’empêche de me lever... Il m’oblige à me lever... Il m'oblige à mettre le bras derrière moi... ». Et M. R..., disant cela peu après un accès de confusion mentale fébrile, s’est peu à peu, mois après mois, figé, a pris un facies Parkinsonien, a présenté les phénomènes cinétiques ordinaires du Parkinsonisme, des mouvements et raideurs absolument indépendants de tout délire, un nystagmus rotatoire, par exemple, combiné a de rapides oscillations des paupières. — Mais, au début, il en était

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