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H. À. V. ET TRANSMISSION DE PENSÉES

sûr, ses mouvements anormaux — tel le rire automatique, si familier à ces malades — représentaient l’obéissance passive à des ordres et à des ordres verbaux, exactement comme dans le cas de M. M... Nouvel indice et de l’inter-indépendance psychologique des diverses manifestations sensorielles et motrices du mal, et de l’organisation que leur imposera celui-ci, si elles ne se l’imposent pas elles-mêmes.

Giraud disait du carnaval psychique provoqué par le haschisch : « partons pour une expédition sous-encéphalique... faisons de la cocalanite ». Il ignorait que les psychiatres proposeraient les délires hallucinatoires, et leur systématisation même, à la neurologie, en se fondant précisément sur la multiplicité et l’incohérence de leurs éléments psychiques. Pour une pareille théorie, il est important de pouvoir dire, quand un délirant se plaint de ses contraintes motrices : « ces mouvements et ces arrêts sont causes et non effets du délire, ils sont directement provoqués par des lésions nerveuses et il faut chercher des symptômes classiques de ces lésions. Nous verrons des malades que leur comportement, leurs attitudes, désigneront comme des hallucinés de l’ouïe, déclarer pourtant ne pas entendre de voix et dire : je ne sais pas pourquoi j'ai l’air d'écouter, je n’entends rien, ma tête se tourne toute seule, c'est machinal.

La masse de phénomènes où domine l’hallucination verbale va se compliquer encore. On dirige, avons-nous vu, les mouvements du malade; on dirige aussi sa pensée. Et on trouve aisément des sujets pour bien distinguer ici deux mystères : on leur parle, et on leur inspire des pensées.

Me $S..., cinquante ans, entend dire : « On va assister au déshabillé de Suzon », ou « regarde bien ton buffet Henri II »; et elle m'explique : « Ils m’envoient des idées tout le contraire

de mes idées... Ils ont commencé comme ça, sans me parler. ils m'ont poussée à la bouteille... J'étais en train de travailler. il n’y avait pas à résister... Quand je suis attentionnée à faire une lettre, ma pensée ne se suit pas; ils m’en mettent une entre deux... En ce moment, ils attirent ma pensée sur Mademoiselle. Ils me font penser : elle a de beaux cheveux, de beaux yeux. On sent bien si ça vient de soi ou d’un autre... Ils me font des suscitations de nerfs. Ils me donnent des idées de querelles ».

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