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VOIX » ET CONSCIENCE DU MONOLOGUE

de la guérison de la psychose, Chez l’autre, la maladie semble avoir poursuivi son évolution. Chez tous les deux la conscience du monologue s'accompagne du souvenir : « c’est pourtant bien la voix de X..., et non la mienne, que J'ai cru entendre ». J’ignore enfin, chez ces aigus, si la persistance des données morbides, avec conscience du monologue, aurait fait comprendre et sentir au sujet l’inexistence de ses « voix »; si le monologue, une fois perçu par le malade, aurait fait percevoir l’inexistence ou entraîné la disparition de l’hallucination auditive.

Une dame d’un certain âge, CX, en deuil, très correcte, se présente à la consultation accompagnée de sa fille, et expose, très posément mais douloureusement, qu’elle a le chagrin d’entendre, depuis quatre mois, des individus inconnus. On lui dit parfois des absurdités dont elle cherche en vain le sens Il On l’appelle par exemple « Æonakry ». Mais, le plus souvent, elle est insultée, et ses moindres actes sont signalés, ou empêchés.. Au lieu de rentrer à six heures, elle rentre à huit heures. Première édition. Voyez les photos. Qu'est-ce qu’elle va fiche? Pendant que je fais mon ménage, on va chercher les gens pour me voir... J’ai beau tout fermer... avec les rayons X.. C’est la folle qui chante. Je ne chantais pas. Wlle va faire sa lessive. Non, elle ne la fera pas. Faut l'empêcher. Je continue, et une piqûre ou autre chose me fait cesser. le a une bonne maladie de cœur... Des brûlures m’obligeaient à changer de place à chaque instant. Des coups de lancette dans le cœur... Vache. Putain... Tu violes ta fille (elle couche avec moi). Violeuse... La voilà encore saoule... Ce sont des gens de la maison, de la cour. Le concierge, le marchand de fromage... Elle a eu cing enfants avant d’être mariée. Des fois, ça sentait mauvais comme du pourri... Une fois, j'ai dû cracher une brioche... La nuit, je vois des éclairs de magnésium. Des signaux blancs et rouges ».

« Je me rappelle très bien la première parole : Pourquor donnes-tu à manger aux moineaux? Je n’ai jamais donné aux oiseaux, ni chez moi ni ailleurs. Je n’y ai rien compris... Le soir, j'ai fait une scène à mon mari ».

D’après sa fille, qui nous l’a dit spontanément, et sans que l'entretien ait encore porté sur ce point, c’est la malade ellemême qui émet les propos... « Vache... Salope... » et autres,

11. Une de mes malades vient de découvrir, après de longs entretiens avec moi, que ses hallucinations auditives, d’abord incompréhensibles, étaient les propos que lui tenaient jadis, il y a trente ans, des étudiants, dans le restaurant où elle était bonne.

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