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LES DISTINCTIONS DES MALADES

moins méconnue, envahissant l’objet extérieur et la perception projective quelle qu’elle soit. Dans les cas où l'œil serait ainsi le récepteur d’une voix, il n’y aurait pas là une lecture, mais une sorte très originale de phonopsie, le verbe oral confondant sa personnalité avec la chose vue et exigeant un effort pour s’y distinguer.

Mes malades ont toujours réussi ces distinctions. Ils réalisent bien une intime pénétration entre l'impulsion verbale et les sensations, auditives ou autres qui se laissent déguiser en paroles; ils n’en évitent pas moins la confusion. M° E. U...?, le plus heureux, a réussi, seul, vite, spontanément et bien, cette délicate analyse, mais M"° Q...*%, M°° W... #4 n’ont guère été moins habiles à distinguer entre les sensations cutanées, vaginales, buccales, les contacts, douleurs, courants, odeurs et poisons, et les impulsions verbales qui s’y logent mystérieusement. Qand les confusions, fusions et contradictions se sont montrées, c’est chez des systématiques stéréotypés : M" B. Y...#, qui nie ses impulsions verbales, et ne veut reconnaître que ses hallucinations auditives, M' A. Z... #6, qui, généralisant l’acouphrénie, mais ne pouvant se faire inconscient de ses impulsions verbales, prend le parti, désespéré mais définitif, d'affirmer entre ses voix et sa voix une incompréhensible identification.

Voilà donc des malades, non paralysés par leur propre système, en état de dire quand il Le faut : « nos voix sont des combinaisons d’impulsions verbales, de bruits subjectifs ou objectifs et d’attitudes ». Faudra-t-il contraindre aussi à mettre leurs impulsions phoniques dans des bruits amorphes les innombrables « hallucinés », monologueurs où non, qui affirment désespérément ouïr des voix étrangères et extérieures ?

Ces sujets ne paraissent pas moins capables d'analyse que nos subtils disséqueurs de phénomènes verbaux, ils ne sont pas moins lucides, ils disent des choses fort justes sur le « neurologisme », l’automatisme, l’absence de systématisation volontaire, l’éclat subit et la contrainte de leurs passivités; ils savent voir, entre « leurs voix » et leurs

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