HALLUCINÉS EXAGÉRATEURS
diverses images, des différences dignes de nous mettre en confiance ; et le commentateur, en face de ces deux groupes de patients : ceux qui finissent par réduire leurs « voix » à leurs impulsions, et ceux qui défendent l’esthésicité de leurs « voix », n’a pas le droit de ramener les seconds aux premiers et de les accuser de confusion, de comportement hallucinatoire sans hallucination.
Les acouphrènes apparemment non hallucinés sont des systématiques, des stéréotypés assez rares, tandis que, d'ordinaire, l’affirmation irréductible et simple « j'entends, j'ouïs une voix » montre les mêmes indices de crédibilité que la trouvaille « je fais une voix ».
Cependant, bien des fois, les monologueurs sans hallucinations auditives ont commencé par se présenter comme hallucinés auditifs. C’est graduellement, grâce à des conversations avec l'observateur, que le sujet explicite sa complexe pensée, et substitue au grossier « j'entends des voix », le subtil : « je subis des impulsions verbales » avec sa suite sensorielle compliquée. Mais ceux qui ont dit, puis nié, entendre des voix, n’ont pas commencé par croire entendre, pour découvrir plus ou moins péniblement leur erreur. Ce ne sont pas des hallucinés réductibles. Quand ils disaient « j'entends » ils faisaient déjà une métaphore et ils le savaient déjà plus ou moins obscurément. Ce n’est
pas avec eux qu'on entamera le bloc des hallucinés irréductibles.
Même échec avec les exagérateurs. L’halluciné exagérateur ajoute à ses hallucinations un commentaire et présente Le tout comme la reproduction des propos de ses voix ; mais on peut l’amener à distinguer ses fausses perceptions de ce qu’il leur ajoute.
G. $..., stupeur catatonique, puis syndrome de démence précoce. C’est un halluciné banal, il l’est sur tous ses certificats, il est présenté au cours comme halluciné. Voici deux de ses hallucinations : il a vu un serpent ; il à été traité de juif errant.
Interrogatoire en rémission : « Vous avez vu un serpent? — Non, c’est une ombre autour du montant de ma fenêtre que j'ai interprétée comme un serpent et qui m’a fait peur ».
« .… Juif errant? C’est un jeu de mots scolaire, un pot de chambre qui passe de main en main. — On vous a traité de