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DÉTAIL DES VISIONS

une grande aube blanche, les cinq plaies, les flots de sang, les yeux tristes. À mes demandes de précisions, elle oppose : « Je ne me suis pas occupée de ça... je n’ai pas regardé la couleur de ses cheveux... ». La vision a duré trois heures, de onze heures à deux heures. C’est à onze heures (elle les a entendu sonner) qu’elle est entrée en extase, et à trois heures (elle à entendu l'horloge) qu’elle a repris terre. Entre temps, pas une interruption dans l’extase et la vision, toutes deux stables et immobiles.

Le Christ et la Vierge n’ont pas cessé de parler. « … Je les entendais merveilleusement... La voix ne faisait pas de bruit du tout... Je l’entendais dans mon cœur... Je n’ai rien perdu de ce qu’ils ont dit ».

Une nuit, sa mère couche avec elle mais ne voit rien. Elle pouvait parler mais sans quitter la vision. Cette nuit-là, on est allé chercher le prêtre. Il a dit : « Je viens de la part de Dieu », mais il a bien fallu qu’il attende. Elle souffrait beaucoup pendant la vision, dans tout le corps. Elle ne pouvait pas rester couchée, elle sautait au milieu de la pièce. « Dans mon entourage, on me croyait certainement folle. Ce n’était pas possible autrement. Sauf quand on me voyait travailler ».

Une seule vision a été diurne. Celle de la grand’'messe. Personne ne s’est aperçu‘ de rien. Elle a vu la Vierge une dizaine de minutes, intérieurement, au fond de son cœur, devant elle. La Sainte Vierge, avec trois grandes lumières rayonnant du cœur et portant, Puissance, Sagesse, Miséricorde.

On demande : cette vision ne ressemblait-elle pas aux images que vous connaïssiez ? Elle réfléchit : « Oui. Peut-être. C'était un peu comme la Vierge des trois Ave Maria, mais bien plus beau ». Nous vérifions ensemble. C’est bien cela, avec des différences considérables. Amélie ne fait d’ailleurs aucune difficulté pour dire la ressemblance de la vision principale avec de dévotes images. Fait essentiel enfin : la vision nocturne est extérieure, et la vision de la grand’messe intérieure.

Les entretiens de deux et trois heures du Christ étant pour toujours gravés en elle, jusqu’à la dernière syllabe, elle accepte de me les écrire, se reconnaissant incapable de me les citer « comme ça », de vive voix. à

La voix était intérieure, c’est-à-dire sans bruit, mais avait un timbre exquis. Elle différait infiniment des inspirations verbales qui bouillonnaient en elle tout le jour et qui, sans être des voix, lui venaient aussi de Dieu.

Nous n’arrivons pas à nous entendre sur l’extériorité de la vision nocturne, l’intériorité de la vision de la messe, et la disparition du monde extérieur pendant l’extase. A cette discussion, les religieuses présentes apportent pourtant des

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