‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 395 sur 422 · AGITATION, FOLIES · texte numérisé non relu

AGITATION, FOLIES

mais, « par obéissance pour mes parents, je suis rentrée ». Le curé n'ayant pas voulu venir la voir et s'expliquer, elle décide d'aller à lui, assez bruyamment sans doute, car tout le village est sur pied. Il est tard, tout est fermé chez le prêtre ; on n’ouvre pas. Elle fait le tour de la demeure, saute en public un petit mur, et fait si bien qu’on ouvre... « J’ai frappé trois fois, par politesse ».. « C’est honteux de le dire... lui et sa bonne m'ont prise à la gorge et m'ont jetée dehors à coups de pied et de poing... ll Ils ont fait ce qu’ils ont voulu. Je disais : vous pouvez me crucifier, M. le Recteur, je ne lèverai pas la main sur un prêtre, mais je ne partirai pas... ». Expulsée, elle se laisse ramener chez elle, mais décide : « Il fera un saint mais pas maintenant... Qu'il songe à sa conscience... Je n'ai pas besoin de Maison de Retraite, M. le Recteur... Allez donc lire votre bréviaire.. Je suis la reine de l’univers..… ».

En pleine nuit, couchée, elle a sa vision ordinaire,

Le lendemain, en travaillant, en visitant et soignant les pauvres et les malades, elle rencontre la bonne du curé. Bataille. Le soir, elle part, à pied, pour le chef-lieu et le couvent, celui où elle à failli entrer. On la poursuit, on la ramène chez elle. Sommeil calme et sans vision. Le jour suivant, elle se laisse paisiblement conduire à l’asile, par le train.

Quand, trois mois après, nous revenons sur ce récit, qui est le sien, elle reconnaît que sa conduite, attaque du presbytère comprise, à été pathologique, ainsi que ses propos.

Voici, à un mois et demi des événements, ses explications orales sur les visions et locutions.

Pendant six nuits consécutives, elle à eu la même vision. Couchée, presque assise, elle s’éveille, s'étonne d’elle ne sait quoi, entre en extase, se trouve « comme entre le ciel et la terre » fermée au monde matériel. Les yeux ouverts, elle voit le Christ et la Vierge, la Vierge un peu à droite et en arrière. Ils sont debout : le sang, rutilant, coule à flots des cinq plaies. Il n’y à ni gloire, ni couronne, ni croix. Nous nous disputons un moment sur les détails : les vêtements du Christ, ses cheveux, sa coiffure, ses yeux, ses pieds. En effet, elle a tout vu, elle referait le tableau si elle savait peindre, elle garde du moindre modelé, approuve-t-elle, un souvenir photographique. Mais, ces mille détails, qu’elle a vus et enregistrés, elle ne peut me les nommer, sauf deux : la Vierge a un voile blanc et une robe montante. Je ne saurai jamais la couleur de cette robe. Pour le reste, notre dispute à failli mal tourner. Amélie s’est pourtant décidée à tolérer toutes mes questions sur le Christ. Nous l’étudions ensemble, des pieds à la tête, et nous trouvons :

11. Plusieurs, du parti de la jeune fille, m'ont dit : « il est comme ça. C'est un très bon prêtre, mâis ce n'est pas la première qu'il bat ».

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