LA VUE A TRAVERS LES CORPS OPAQUES
Quittons les images virtuelles et faisons la petite expérience que voici. Regardons, à deux ou trois mètres, un objet quelconque, un bouton de porte, par exemple; puis à quinze ou vingt centimètres de nos yeux, plaçons un petit objet opaque, une pièce de dix centimes, un petit carré de carton. Que se passe-t-il ? L’objet fixé reste correctement
perçu, pourvu que l’objet-écran soit assez étroit et convenablement placé. Ce dernier nous donnera de lui-même deux images, qui flanqueront, à droite et à gauche, l’objet que nous regardons. Efforçons-nous de bien percevoir le tableau ainsi constitué; au centre : le bouton de porte; à droite et à gauche : les images du petit carré de carton. Ce résultat obtenu, déplaçons latéralement l’écran vers la droite. Un moment arrive où celle de ses deux images qui est liée à l’œil droit masque les rayons que reçoit cet œil de l’objet fixé. À ce moment précis, le but de l'expérience est atteint : l’œil droit voit une image du carré de carton et ne voit plus le bouton de porte ; l’œil gauche voit, fort mal, son image du carton et, fort bien, le bouton de porte. Résultat : la perception de celui-ci à travers le carré de carton.
Si on ne pousse pas plus loin l’analyse de cette perception, on conclut ainsi : « Je vois tous les détails du carré de carton et, simultanément, à travers cet objet opaque, tous les détails du bouton de porte ». Ce phénomène, sinon la conscience vicieuse que nous en avons parfois, est de tous les instants ; avec lui, avec l’image virtuelle, la croyance à