‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 41 sur 422 · SCHÉMAS PLANS ET PERCEPTION DE SOLIDES · texte numérisé non relu

SCHÉMAS PLANS ET PERCEPTION DE SOLIDES

la perception d’un objet à travers les corps opaques a ses principaux exemples dans la perception correcte; l’hallucination ou le rêve, une fois de plus, ne créent rien.

Du reste, la perception dont nous parlons serait-elle spéciale au rêve et à l’hallucination qu’elle ne serait pas pour cela contradictoire ou, simplement, mystérieuse. Un objet est opaque parce qu’il intercepte les rayons lumineux. Mais, dans un rêve, il n’y a pas de rayons lumineux à réfléchir, ou à laisser passer; il n’y a que des images « virtuelles », et leur transparence ou leur opacité dépendra soit de leur intensité lumineuse, soit de leur rôle dans l'aventure rêvée. Dans cette toute dernière hypothèse, un mur laissera voir ou masquera un homme, selon ce qu’exigera la logique du rêve ou de l’hallucination. Il n’y a de place pour aucune contradiction là-dedans. Ce serait plus compliqué si, de façon vraiment simultanée, le mur laissait voir l’homme et le masquait.

LA PERCEPTION SANS OBJET DANS LES ILLUSIONS GÉOMÉ- TRIQUES DE RELIEF. — En réduisant à un schéma extrêmement élémentaire, pourvu que les éléments en soient bien choisis, le dessin d’un objet, on obtient l’inévitable perception d’un volume et parfois d’un solide; on peut même voir la perception d’un objet s'enrichir à mesure que les éléments donnés s’appauvrissent, et on peut imaginer qu’une esthésie fort indigente, dans la rêverie, le rêve et l’hallucination, permette pourtant de fort riches perceptions ou affirmations de perception.

Dessinons un cube. Nous voyons simultanément ses six faces, ses huit sommets et ses douze arêtes; et, tout cela avec le même relief et autant de relief qu’un cube de bois, dont nous ne réussissons à voir à la fois que neuf arêtes, sept sommets et seulement trois faces. Une preuve que c’est bien un cube (et non un bizarre grimoire plan) dont nous voyons à la fois toutes les parois, toutes les arêtes et tous les sommets, c’est l’étonnement de l’enfant de sept ans quand on lui montre cette merveille, et la facilité avec laquelle il raisonne sur cet objet et y fait des découvertes.

Voilà donc un cube fixe dont nous percevons, sans nous

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