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sujet qui voit le Christ, il n’est pas plus décisif de crie, tu délires », qu’on ne peut objecter « tu raisonnes » à qui perçoit un objet présent, la troisième dimension, une image virtuelle, une post-image, un bruit subjectif ou les beaux dessins de la migraine.
À propos de l’image virtuelle, Morus écrivait à Descartes : « Mirifice torsit imaginationem meam hic... lusus... hæc depravata judicandi consuetudo » (de Cambridge, 21 octobre 1649). L’ingéniosité déployée à nier l’hallucination fait penser à un physicien qui montrerait des interprétations dans les images virtuelles s’il ne les voyait pas et, avec
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Leibniz, aux paralogismes qu’on trouverait dans la géométrie si elle gênait nos passions.
L'activité psychique de l’halluciné cher à Opsiphile paraît normale; en tout cas, hors ses hallucinations, il ne délire pas. Exposé aux ambiguïtés et aux suggestions des objets ou des métesthésies, il s'applique à bien en dégager ses visions, et même leurs insensés entrelacs des grands phosphènes géométriques ; quand il trouve, sous la vision, une post-image et sous un détail de la vision, un détail de la post-image, il constate l’avance infinie du complexe et vivant détail hallucinatoire sur le contingent et élémentaire trait métesthésique ; ses plus belles visions exigent le vide visuel, ses voix retentissent quand tout se tait. — II se moque des hallucinations objectives et idiotropes, il nie la paragnosie qu’on lui prête, il perçoit admirablement les objets présents tels qu’ils sont, il ne perçoit pas moins correctement les apparitions et leurs discours, et, primitif, c’est sur sa vie ordinaire qu’il les interroge ; son hallucination subjective et apparente, visage, scène, parole, est toute l’hallucination; quand elle disparaît, elle disparaît tout entière, sans mettre au jour quelque hallucination idiotrope dont elle aurait été l’interprétation. —— Il apprécie à leur grande valeur les subtilités de l'impulsion verbale mais croit que bien peu de malades s’y laissent prendre; la plupart, croit-il, se retrouvent fort bien dans le labyrinthe de leur délire, ne prennent nullement leurs impulsions orales et de quelconques bruits extérieurs ou subjectits pour des « voix », et poussent le scrupule jusqu’à dissocier eux-mêmes le comportement hallucinatoire de l’'hallucination. Sans trace du premier, immobiles jusqu’au fond des centres sensoriels où s'organisent les schèmes moteurs de la perception, ils perçoivent mille objets absents.
Pour l'un, ébloui par sa foi, le prétendu halluciné est incapable de percevoir qu'il n’a rien vu; mais cette irréductibilité est provisoire, on progressera,
Pour l’autre, les épreuves de la foi la fortifient, l’hallucination pure du normal est le « quod et quo creditur » du croyant : « une science ».
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Et tous deux s'arrêtent momentanément devant l'actuel résultat de leurs efforts opposés :
La perception normale, pleine de rêves, peut-être rêve, et parfois sentie comme telle, par l’intoxiqué (p. 390), par le mystique ;
Toute perception, tout objet, tout perçu peut se doubler d'une hallucination, perception sans objet, inépuisable comme l’objet et esthésique autant que sa perception légitime ;
Toute hallucination peut se doubler d’un comportement, d'une croyance et d’affirmations hallucinatoires sans perception, sans esthésie et même sans images;
On peut affirmer la présence ou la perception d’un objet quand il est présent et perçu, quand il est absent et perçu, quand il n’est ni présent ni perçu.