‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 46 sur 422 · MATÉRIALITÉ DES ILLUSIONS DE MOUVEMENT · texte numérisé non relu

MATÉRIALITÉ DES ILLUSIONS DE MOUVEMENT

mouvement un corps fixe, bien repéré, bien orienté, en l’äbsence d’illusion de mouvement relatif ou d’autocinétisme ? Je crois que oui, Au cours d’un essai de Peyotl®, je vis, J'y reviendrai, une « suspension », un petit lustre, animé de mouvements brusques et de secousses qui me surprirent fort. Depuis, surtout par les soirs de légère fatigue, au repos, couché, avant tout état hypnagogique, J'ai parfois retrouvé cette illusion, atténuée mais très nette : très petits déplacements latéraux et petits mouvements de rotation, brusques, de quelques degrés.

Quoi qu’il en soit de cette dernière illusion, tout normal éveillé peut obtenir aisément et observer à loisir une multitude d'illusions de mouvements. Ce sont des perceptions parfaitement régulières, parfaitement correctes ; et elles ne sont pas plus parasitées d'images et de raisonnements inconscients que la perception la plus adéquate à son objet, et aussi la plus élémentaire, la plus simple, la moins chargée de formes et de formules.

Ces mouvements sont vus, vus aussi naïvement que possible. Les mouvements de nos hallucinations et de nos rêves ont-ils quelque parenté avec eux ? Des contractions musculaires, des déplacements de la rétine ou des propagations dans la rétine, une neurologie et des mécanismes infrapsychiques concevables sont-ils à leur origine ?

Si oui, le caractère sensoriel, esthésique de l’hallucination sera renforcé. Le sujet aura raison de dire qu’il voit l’étoile inexistante, l’étoile en mouvement. Quoi qu’il en soit du point lumineux, les conditions physiologiques normales de la perception de son mouvement sont réunies, le sujet ne peut ne pas le voir s’en aller à droite, et tout autre sujet placé dans les mêmes conditions que lui le verra se mouvoir. Et c’est par une incroyable répugnance à accepter la perception toute nue qu’on parle ici de croyance, d’attitude et de conduite, et qu’on oppose ces conduites à celles du sujet qui perçoit un mouvement réel. Où la croyance intervient, c’est quand le sujet dit : « l'Etoile est en mouvement puisque je le vois », ou, « l’Etoile est fixe bien que je la voie qui avance » ; mais si je me borne à dire :

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