‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 45 sur 422 · ILLUSIONS DE MOUVEMENTS RELATIFS OU ABSOLUS · texte numérisé non relu

ILLUSIONS DE MOUVEMENTS RELATIFS OU ABSOLUS

non la surface de la glace. Je parle naturellement de mouvements nets et non de la confusion que des secousses de la tête et des yeux peuvent mettre dans la perception.

Je regarde une chose fixe, une lampe appliquée au mur; et je porte des verres biconcaves ; mais je regarde par-dessus les verres de façon à voir deux images de l’objet; l’une à travers la lentille, l’autre directement, au-dessus du verre. Les mouvements de rotation de la tête me donnent alors trois variétés de mouvement de ia lampe : le mouvement relatif des deux images l’une par rapport à l’autre, le mouvement isolé de l’image vue à travers la lentille, et le mouvement isolé de l’objet vu directement. Dans ce dernier cas, l’image fournie par les verres ne bouge pas, mais l’objet vu directement par les yeux subit de larges déplacements en sens inverse des mouvements de la tête, s'éloigne fortement de l’image donnée par les verres, et, surtout, entraîne avec lui tout le décor, les murs, les plafonds, toute la maison.

Je peux du reste, à volonté, obtenir chacun de ces trois types de mouvement apparent : soit, sur les yeux un lorgnon à verres biconcaves de une dioptrie, et devant moi, sur le mur, une ligne horizontale noire, ou, pour diminuer l’artifice expérimental, une tringle de tenture avec ses anneaux. Je regarde par-dessus le lorgnon, et j'ai les deux images de l’objet, l’une supérieure, vue en vision directe, l’autre inférieure, vue à travers les verres; et j’oriente mon regard de façon qu’une de ces deux images soit floue, l’image inférieure, celle que donne le lorgnon. C’est cette image qui se déplace, et dans le sens des mouvements de la tête (lentilles biconcaves). Si maintenant, redressant un peu la tête, j'obtiens deux images d’égale netteté, elles se meuvent toutes les deux, en sens inverse l’une de l’autre ; le mouvement relatif classique, normal et prévu, est obtenu. Enfin, la tête s'élève encore un peu; l’image inférieure, donnée par le lorgnon, est la plus nette, et l’image supérieure, vue en vision directe, est la plus floue. C’est alors celle-ci qui se déplace, seule, en sens inverse des mouvements de la tête, entraînant tout ce que les yeux voient directement comme elle.

Le normal éveillé peut-il, au repos, immobile et les yeux immobiles, ou parcourant simplement l’objet, voir en

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