PERSPECTIVES DISLOQUÉES
avant de connaître l’objet qui lui correspond et les jugements qui la fondent. Elle s’est imposée à nous avec la fatalité d’un phénomène sensoriel, et c’est secondairement que nous lui avons adjoint un cortège de raisons. Les images, les concepts qui en rendent compte ne sont pour rien dans sa genèse.
Dans les illusions géométriques classiques, elles aussi, on ne trouve pas toujours les états psychologiques qui préparent l'illusion. Comme on le sait, quand un cube échange devant nous ses faces antérieure et postérieure, c’est
malgré toute notre activité psychologique consciente. Aucun jugement, aucune image, aucune immobilisation de l’attention ou des yeux n’arrête cette danse, toujours plus rapide.
Elle finit par disloquer l’objet, et les particularités mises en évidence à propos d’un dièdre peuvent se retrouver dans
des cas où on ne les attendait guère. Dans un cube, il m'arrive de voir sur le même plan, en avant par exemple,