‹ Études sur l'hallucination: II La cliniqueChapitre 73 sur 422 · I. C. PAR DÉFAUT ET NON PAR EXCÈS · texte numérisé non relu

I. C. PAR DÉFAUT ET NON PAR EXCÈS

probables à la place des omissions, substitutions, inversions, etc. Tout ce qu’on peut soutenir, c’est qu’on n’a pas vu l’omission, —— Mais ne pas voir l’absence d’une lettre est tout autre chose que voir la lettre absente, Ne pas voir la substitution n’est pas voir, à sa place, la lettre chassée de sa place; ne pas voir la déformation n’est pas voir la lettre normale. Quand le caporal « en entend un qui ne compte pas » ou « en voit un qui est absent », 1l exprime à la Lucain une vérité qu’il faut débrouiller, — Encore une fois, on peut lire « Socrate » où il y a « Platon », « ne... pas » où il y à une affirmation; on peut, en lecture courante, lire n’importe quoi à la place de n’importe quoi et « Mane Thecel Phares » où il n’y a rien, on ne voit pas pour cela les sept lettres de Socrate ou le dessin Mane Thecel Phares.

On rencontre aisément des malades qui, placés devant un mot banal : lundi, par exemple, lisent tout autre chose : « Yvonne » ou « Il fait beau ». Jamais, devant moi, étudiant, collègue ou maître n’a pensé à faire intervenir l'hallucination ou l'illusion, Assez souvent au contraire, on a été amené à invoquer quelque chose de bien différent : la cécité verbale, l’agnosie ou, tout au moins, la paragnosie. — Il y a des aveugles qui, sans hallucinations, sans imaginer et sans fabuler, disent : j'y vois. A côté de l’aphasique muet, il y a le paraphasique bavard, inconscient des troubles, tant intérieurs qu’extérieurs, de son langage. Il y a aussi des agnosiques visuels qui disent Lampe au lieu de Pendule, et lisent Paris où il y a Dijon sans qu'il y ait lieu de dire qu'ils ont vu comme ils ont dit, et qu’une hallucination s’est allumée en eux pour se substituer à l’objet. — Loin d'ajouter ou de substituer visuellement quelque chose à l’objet, ils ont remplacé sa traduction orale par une autre parce qu’ils ont incomplètement vu. Rien de positif n’explique leurs erreurs. Elles sont toutes par défaut et non par excès.

Lire harakiri où il y a kakalakakri, ce n’est pas objectiver, matérialiser, projeter des images, c’est, avant tout, supprimer des perceptions, faire de la neutralisation sensorielle, avoir une illusion négative.

C’est un phénomène très curieux. — Bernheim, dans sa

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