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OPSIPHONIES : ŒUVRES DU CENTRE AUDITIF

fais que voir aussi bien devant la synopsie d’une assemblée que devant un complexe visuel étranger à mes concepts, ou le phosphène le plus élémentaire ».

Il y a une théorie pathogénique bien faite, semble-t-il, pour les synopsies irréductibles au familier. C’est celle de Bleuler #. [1 localise tout le mécanisme neurologique de la photopsie d’origine auditive, de l’opsiphonie, dans le centre acoustique lui-même, il prête à chaque sens l’aptitude originelle à répondre aux divers excitants par des réponses diverses, et à chaque excitant par toutes les réponses à la fois. Le nerf optique réagirait ainsi à la lumière par de la lumière et du son, et au bruit par du bruit et de la lumière; et le nerf auditif se comporterait exactement de même, répondant au son par des visions. Les synopsies seraient un retour à cette étape, qui ne serait pas le moins du monde indifférenciation, où le travail est divisé, mais où chaque ouvrier les fait tous.

Cette singulière théorie serait-elle vraie, et le découpage proprement synopsique du continu visuel, rebelle à l’application de nos concepts et de nos images, serait-il l’œuvre des centres acoustiques, on ne voit pas pourquoi, persiste l’halluciné, la vision synopsique d’objets et d'êtres familiers ne serait pas tout aussi photopsique, esthésique et objective.

On le voit, l’hallucination synesthésique a les mêmes prétentions que les autres :

Les causes extérieures ne sont qu'occasionnelles, et l’occasion extérieure d’une hallucination visuelle n’est pas plutôt un objet vu qu’une excitation quelconque des voies visuelles, ou un son, ou toute autre chose.

L’audition colorée est tantôt esthésique tantôt pseudesthésique.

Les synopsies pseudesthésiques, pseudo-hallucinatoires, imaginatives, ont toute l'agressivité, l’extériorité des visions les plus sensorielles.

Les synopsies esthésiques ne sont pas nécessairement

14. Bleuler et Lehmann, Zwangsmässige Lichtempfindungen durch Schall, 1881. Bleuler, z. Theo. d. Sekundärempf., Zeitschr. f. Psych., 65, 1913, 51.

110 PRÉTENTIONS DES OPSIPHONIES

simples et les synopsies complexes nécessairement pseudesthésiques.

Les synopsies à la fois complexes et sensorielles sont d'ordinaire des tableaux hallucinatoires originaux, irréductibles aux visions toxiques, aux rêves, et aussi aux formes de notre expérience visuelle, à tel point qu'on a pu en faire le produit visuel de l’activité optique des centres auditifs.

Il peut y avoir des syuopsies esthésiques complexes reproduisant des formes de l’expérience visuelle commune, et l’halluciné propose de classer ainsi ses synopsies, ou, plus particulièrement encore, ses opsiphonies :

Synopsies ( élémentaires.

complexes ( uon figurées.

figurées / idiotropes ou plus simplement originales.

mimétiques ou imitatrices.

Le critique admet le caractère esthésique des synopsies élémentaires et des synopsies complexes originales. Il prétend que les synopsies mimétiques de notre expérience visuelle banale sont la traduction paragnosique de synopsies originales.

L’halluciné prétend au contraire avoir critiqué toutes ses synopsies et devoir conclure que sa vision synopsique d’un objet, d’un visage ou d’une scène est rigoureusement esthésique et ne contient pas une plus forte dose d’imagination ou de pensée que la perception correcte, passive et naïve d’un objet réel et présent.

L’opsiphile veut terminer en insistant sur la particularité à laquelle il tient le plus : c’est la précision, le détail des synesthésies. Bizarres, saugrenues même, toujours irrésistibles, sensorielles ou imaginatives, elles donnent au sujet, comme la plupart des visions, une vive impression de précise complexité. Est-elle illusoire? Et l’opsiphonie, avec les autres hallucinations, serait-elle incapable de montrer autre chose que de l’élémentaire et du brut, rien de complexe ou de compliqué? Les détails, les précisions,

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