‹ Études sur l'hallucinationChapitre 156 sur 366 · PERCEPTIONS ET IMAGES : HALLUCINATIONS · texte numérisé non relu

PERCEPTIONS ET IMAGES : HALLUCINATIONS

On peut substituer au terme « sensation » le terme exactement synonyme « hallucination ». Il y a deux sortes d’hallucinations, selon qu’un objet extérieur leur correspond ou non. Dans le deuxième cas, ce sont les hallucinations proprement dites, fausses, sans objet. Dans le premier cas, ce sont les hallucinations vraies, qu’on appelle aussi perceptions. Elles se trouvent, par un artifice de la nature, en harmonie avec le dehors ?.

Endogène, la sensation, l’hallucination, la perception est primitivement intérieure et inétendue. Les faits cliniques le montrent ÿ.

Grâce au primat de l’action, parfaitement reconnu par Taine, la vie, l'expérience et l’éducation des sens nous font extérioriser, localiser et étendre l’hallucination ; nous la projetons dans les objets extérieurs, qui en sont parfois la cause, accessoire et lointaine4 C'est l'illusion projective, quasi immédiate, toute-puissante. Son plus bel exemple est l’image virtuelle 5.

En face des hallucinations vraies, 1l y a toute une gamme d’hallucinations fausses : les images virtuelles, les sensations par excitation du nerf sur son trajet, les images consécutives, les sensations par excitation des conducteurs centraux, les hallucinations par excitation des centres sensitifs, les sensations à base neurologique inconnue telles que le rêve, les visions des intoxiqués, des persécutés, des suggestionnés6, le peuple immense enfin des images.

20 L’IMAGE. L’HALLUCINATION DEVIENT INTERNE ET INÉTENDUE : L’'IMAGE. — L'image est, à tout point de vue, une sensation, une hallucination, externe, située, étendue.

Pour vivre, il faut distinguer les hallucinations vraies, dites sensations, des images et autres hallucinations sans objet. C’est la théorie des réducteurs qui sauve cette distinction.

a) Le réducteur spécial. Quand une hallucination vraie et une hallucination fausse antagonistes, contradictoires, sont mises en présence, de cela seul suit, par application du principe de contradiction, une réduction de l’hallucination fausse 7.

b) Les réducteurs généraux. Pour que l’image soit reconnue comme interne, il faut en outre qu’elle se coordonne et se subordonne à l’ensemble des souvenirs et des jugements acquis. — Quand c’est l’image qui annule le réducteur spécial, on a une hallucination consciente, appréciée comme telle par le sujet; quand les réducteurs généraux sont inefficaces, à leur tour, on

2. II, 10-15. — 8. II, 143, 184, p. II, 1. II, Ch. II, par. 1 et 2. — 4. I, 243. No SP IT IT Ch IT par. 16102 1268186197 123 128-119 0155 162) 171-172. — 6. On à trop critiqué l'usage que Taine a fait de ces dernières hallucinations. D'abord il ne pouvait pas faire moins. Ensuite, l’affirmation qui permet cette critique n’est pas indiscutable pour tous. La voici l’hallucination par suggestion n’est pas une hallucination c’est une illu- Sion, une délusion, une interprétation ou un mensonge. — 7. I, 98-99: II, 36.

Page 1