‹ Études sur l'hallucinationChapitre 185 sur 366 · SOUVENIR ET CENTRE PERCEPTIF · texte numérisé non relu

SOUVENIR ET CENTRE PERCEPTIF

centre en centre, pendant que le souvenir pur s’actualise et se matérialise graduellement, l’action nerveuse atteint le centre perceptif, le cuneus, où s’élabore le schème moteur de l’action. A ce moment, le souvenir est devenu perception. L'objet virtuel, le souvenir purement spirituel et inconscient, a agi sur le clavier imaginatif, et le clavier imaginatif, le pli courbe, fait vibrer dans le cuneus les cordes dont avaient jadis joué l’objet réel et le clavier sensoriel, la rétine.

On se rappelle ce que disait Taine : l’écorce est un vaste appareil à réflexes ®, mais, par surcroît fl, elle assure la conservation et la reviviscence des images. Celle qui se réveille refait en sens inverse le chemin qui la conduisit de l’objet à la cellule où sa trace s’est endormie; l’excitation redescend de ce cliché imaginatif au centre sensoriel, et là s’éveille et s’extériorise le souvenir-sensation, perception pareille, à l’intensité près, à celle qu'avait jadis provoquée l’objet.

Objet réel ——>- Rétine —>CGuneus <——Pii courbe<—— Objet virtuel ou souvenir pur Perception | Souvenir-image ‘*

(Théorie de Bergson)

Objet réel ——>Rétine ——>Cuneus %<—— Pli courbe %<——]Images %®

Hallucin. vraie | Hallucin. fausse °®

(Théorie de Taine)

Bergson lui-même n’a donc pas échappé à la fatalité qui semble obliger tant de philosophes à matérialiser la mémoire. L’hallucination, le délire de Taine, un moment refoulé, est revenu dans son rêve métaphysique, lui imposant des affirmations qui sont près, nous l’avons vu, d’être des contradictions.

80, I, 306. — 81. I, 309. — 82. Que différencie de la perception sa seule origine. — 83. Centre perceptif. — 84. Centre imaginatif. — 85. A l’état de traces dans le pli courbe. — 86. Ou souvenir.

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