‹ Études sur l'hallucinationChapitre 199 sur 366 · DIEU ORDONNE, LA RAISON EXAMINE · texte numérisé non relu

DIEU ORDONNE, LA RAISON EXAMINE

La suggestibilité proprement dite n’est pas plus décelable. Quelquefois, en présence d’un nouveau ‘confesseur, elle sent qu’il lui est prédestiné, mais jamais son récit ne laisse entrevoir l'influence inconsciente d’un religieux ou d’un livre. Dix ans et plus, dit-elle, elle à cherché un directeur ; elle lui demande, avec la science et, s’il se peut, l’expérience personnelle de la contemplation, une humilité qui l’incline devant les inspirations « d’une petite vieille ignorante ». Quand il s'agira de l’ordinaire de la vie religieuse, de la fixation de la foi, de l’appréciation des concordances entre ses illuminations et la loi, elle acceptera pleinement l’autorité du directeur, Pour le reste, elle en a un autre. Elle aimera Balthazar Alvarez, Garcia de Toledo, Jean de la Croix, Jérôme Gratien; maïs pas un trait, pas une hésitation ne trahit qu’ils aient agi sur elle autrement que l’ami normal sur l’ami normal. Si elle a un Hypnotiseur, c’est Dieu seul.

Ce personnage, installé au centre du Château de l’âme, à la place de l’Inconscient, agit-il sur une suggestibilité hystérique ? Il dispense souverainement euphorie, joie, élan, force, tension. Par contre, quand il instruit ou prescrit, il n’est jamais immédiatement obéi; toute la personnalité examine l’ordre, les règles ecclésiastiques sont respectées, la raison naturelle critique les paroles de Dieu, elles sont soumises au directeur, leur origine est discutée. Tout se passe d’ailleurs très bien, car les décisions divines confirment, illuminent ou précisent toujours les tendances et désirs, conscients et avoués, de la sainte. Donc, quand son inspirateur opère, pas d’effraction de la conscience, pas de suggestion étrangère à la personnalité du premier plan, pas de passivité. Il en sera exactement de même des visions et locutions, Elles ne nous montreront pas le mécanisme et les procédés des visions suggérées de l’hystérie. Une fois, pourtant, J. C. prend la croix de bois de son chapelet. Quand il la lui rend, c’est une croix de pierres fines, « Il me dit que désormais je la verrais ainsi, ce qui s’est vérifié. À partir de ce jour, je ne vis plus le bois dont elle était faite, mais seulement les pierres dont je parle. À la vérité, j'étais seule à les apercevoir » ?!. Cas

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