ATTAQUES. MALADIE DE
On ne peut pas mieux étayer un diagnostic concernant les « attaques » postérieures à la maladie de 1536-1540. Publiques ou privées, distinctes des extases heureuses ou dela jubilation plus ou moins coordonnée, elles semblent accompagner des états de désir douloureux de Dieu, et se rapprocher beaucoup plus des chocs émotifs que de la gesticulation hystérique. Thérèse ne décrit quelque chose d’analogue à une « attaque » que lors d’une vision du diable. Elle ne peut s'empêcher, dit-elle, de heurter violemment sa tête contre le bois de son lit. Maïs elle assiste à sa crise, elle parle à ses compagnes afftolées, elle les rassure, elle les conseille, elle se soigne elle-même, en jetant de l’eau bénite sur l’affreux démon “!; et se repose, brisée. Elle décrit enfin, mais sans se les attribuer, « ces dévotions qui suffoquent » et, parmi les pleurs et les sanglots, se compliquent de mouvements violents, quelquefois même de phénomènes organiques tels que des épistaxis . De telles remarques ne permettent pas, en l'absence d’autres renseignements, d'appeler crises convulsives les extases publiques où, « pressentant la faveur redoutée, elle s’étendait à terre... on l’entourait pour la retenir, et, malgré tout, la chose paraissait encore » #. Cette chose, c’est la lévitation. Que dire de la sienne qui ne serait pas gratuit ?
Voyons la maladie de 1536-1540 #. On y trouve de tout : une double quarte, « des douleurs de cœur » suraiguës, de la dysphagie, des lésions de la langue (?) %, des vomissements, des douleurs diffuses avec contractures plus ou moins généralisées, un lamentable état général, un coma prolongé. Dans ce chaos, une vie religieuse intense, la jouissance assez fréquente d’une Union sans extases ni visions, un apostolat efficace. Au pire de la maladie, elle stagne dans un état syncopal de plusieurs jours, qu’elle rapporte comme si elle y avait été inconsciente et tenait ses renseignements d'autrui. On à fait de cet accident une extase avec visions, mais elle n’a pas un mot là-dessus. Cette crise passée, la maladie suit son cours, en s’atténuant lentement. Un moment paralysée, contracturée et douloureuse au point
41. Vie, XXXI. — 42. Vie, XXV; Château, IV, II. — 43. Vie, XX. — 44. Vie, V, VI. — 45. Morsures ? Langue « rôtis » des grandes pyrexies ?