‹ Études sur l'hallucinationChapitre 204 sur 366 · GARDER LA LIBERTÉ D'ESPRIT · texte numérisé non relu

GARDER LA LIBERTÉ D'ESPRIT

ne restons pas là comme des stupides. De la prière, des pénitences, des œuvres extérieures; agissons avec tous nos moyens, n’allons pas mettre nos puissances dans une sorte d’enchantement ; il en résulterait plus de dommage que de profit et il est aussi dangereux de retenir sa pensée que sa respiration. Ne peuplons les couvents que d’esprits droits. C’est malaisé, car le manque de jugement est difficile à discerner, beaucoup comprenant mal mais parlant bien. Malgré tous nos efforts, il se trouvera toujours parmi nous de ces personnes qui laissent aisément arrêter leur pensée ; un objet les absorbe et elles restent là, toutes leurs forces concentrées en un point, sans se détourner, sans penser à autre chose, sans penser à rien. Méfions-nous d’elles, plaignons-les, soignons-les, même si leur imagination est fixée par l’objet le plus relevé. Notre misère nous condamne à user de réserve, y compris dans l’usage du bien, sous peine de causer à notre santé un dommage qui nous empêcherait de jouir du bien lui-même. Distrayons-nous dès que nous sentons notre esprit trop longtemps captif d’un mystère; pensons au fou qu'aucune raison ne détache de son objet, craignons l’agréable démence d’une âme artificiellement immobilisée devant Dieu .

Thérèse ne nous montrera pas non plus les stigmates physiologiques de l’hystérie.

Sur l’anesthésie cutanée, ignorée du malade et compatible avec une utilisation parfaite du segment insensible, nous ne pouvons naturellement rien dire, bien que les perpétuelles souffrances de la sainte et ses « rhumatismes » ne concordent guère avec une anesthésie quelconque d’un membre, Rien ne permet de penser à une amaurose ou surdité hystérique ; et l’insensibilité de l’extase appartient à un autre chapitre.

La sainte ne dit rien des paralysies transitoires des dernières années. Elles ne paraissent pas avoir suspendu son activité, on ne les revoit pas à la veille de la mort, no» plus que l’embarras de la parole qui les avait accompagnées. C’est tout ce qu’on en peut noter.

Page 1