LA SEXUALITÉ
Toutes sortes de sous-entendus érotiques traîneraient dans les écrits des mystiques, et personne ne conteste que des états pleins de délices ne puissent comporter une part d’érotisme. Les mystiques d'hôpital fournissent d’ailleurs là-dessus toutes les précisions désirées, surtout lorsqu'ils découvrent que l’abominable vie sexuelle devient divine, pure et sacrée, si l’amant est N.-$.
On dira : nous ne trouverons rien dans les textes officiels, ils sont à la fois réticents et expurgés. D’abord, en ce qui concerne sainte Thérèse, ils ne le paraissent pas; ensuite, il n’y a pas l’ombre d’un indice en faveur de cette accusation; enfin, si les mystiques n’ont pas tout dit, ils en ont dit assez.
Dieu se découvre à nous dans le silence des sens, les mystiques rêvent d’écarter de l’union et de l’extase toutes les sensations, et il n’y à pas à faire le sceptique lorsqu'ils ne prennent pas la peine d’éliminer nommément les sensations génésiques. Ce n’est pas réticence, car ils n’ont pas attendu les psychologues pour dénoncer la volupté sexuelle parmi les jouissances sensibles des contemplatifs. Ils n’ont pas dissimulé que « toute la substance sensitive » jouit
19. Maréchal (Etudes de psychologie des mystiques, I, 220-221), cite ici Suarez, Tr. de Oratione. — 90. Château, VII, III.