LEUR EXTRÊME VARIÉTÉ
de Catherine de Cordona. Prends nourriture et sommeil pour moi. Mange ce morceau de pain. Mange de la viande ? ».
« Fonde, fonde sans cesse. Tu n’es pas ici pour jouir mais pour agir. »
N.-S. enseigne lui-même la mystique. « Dans l’extuse, l’âme est perdue en moi. Dans l’extase douloureuse, Dieu affine l’âme comme l’or dans le creuset; c’est un purgatoire. Il est difficile de rester pur dans l’action. Les tentations sont pires dans le désert que dans le monde. Il y a des hauts et des bas, les sécheresses alternant avec les consolations. Tu souffres mais c’est ce qui convient. Il y a des visions courtes et des visions longues. Le meilleur moyen de savoir si l’âme est en grâce est de scruter sa conscience. La véritable union avec moi, c’est l’union de volonté; ce n’est pas l’extase, ce ne sont pas les visions ».
Au lieu de se préoccuper du contenu de la vision ou de la locution : ordre, caresse, théorie, on pourrait tenter des groupements tout différents, selon les circonstances extérieures ou les dispositions du moment, selon que Thérèse est dans l’action ou la Contemplation, l’euphorie ou la sécheresse, les succès ou les persécutions. Les variations des visions selon les variations de leur milieu d’éelosion constituent au fond leur étiologie et nous verrons à son propos que la sainte s’est à peu près désintéressée de ce problème, qu’elle a fait des visions des dons gratuits indépendants du milieu naturel où ils sont jetés, qu’elle a réservé les causes naturelles à l’étude des visions 1llusoires, qu’elle est enfin trop laconique sur les circonstances de ses visions pour permettre aux commentateurs leurs études éliologiques et statistiques. Parmi les cent cinquante et quelques visions ou locutions isolables des œuvres de la sainte, nous en trouverons beaucoup dans les phases contemplatives, à peu près autant dans les phases actives, peu dans les sécheresses (et surtout consolatrices), une mino-