Relation
CLASSIFICATION TIÉRÉSIENNE 279
rité enfin, mais forte, de visions directement et étroitement liées à des soucis ou à des actes déterminés,
Thérèse ne s'intéresse aux visions qu'à cause de leurs résultats. — Elles apprennent quelque chose, elles 1lluminent l'intelligence, elles rendent l’énergie à la volonté, elles dirigent l’action, c’est par leur contenu et leur dynamisme qu’elles importent. Ce sont des moyens.
Les prendre pour des objets d’étude ? Thérèse ne le ferait pas, ayant d’autres soucis: mais une difficulté l’y contraignait : la maladie imite habilement les visions divines; il faut chercher les marques des visions saines.
Cette nécessité inspire à Thérèse la seule classification des visions et locutions qu’elle ait daigné un peu approfondir. Il se trouve que son analyse inspire toujours la clinique moderne : |
Il y a des visions et locutions corporelles, perçues par les yeux et les oreilles.
Il y a des visions et locutions imaginatives, perçues par l’âme sans le secours des yeux et des oreilles.
Il y a enfin des visions et locutions intellectuelles, sans images.
Sainte Thérèse aurait été fort alarmée si elle avait inventé cela toute seule. Elle n’en à pas eu la peine. Subissant des choses brusques et surprenantes, très curieuses, très diverses, elle s’est confiée à ses livres et à ses confesseurs. Ils ne lui ont rien appris, mais ont confirmé aux yeux de la pieuse et fine psychologue l’idée qu’elle se faisait de ce qui se passait en elle : ils lui ont transmis une trichotomie, On connaît celle de saint Augustin : unum genus visionis secundum oculos corporis, sicut widit Abraham tres viros sub ilice Membri; alterum secundum quod imaginatur ea quae per corpus sentimus… non per oculos corporis aut aures, sed tamen his simalia, sicut vidit Petrus discum illum submnitti e cælo..., tertium autem genus est secundum mentis intuitum quo intellectu conspiciuntur verilas atque sapientia *.