‹ Études sur l'hallucinationChapitre 345 sur 366 · LE DIAGNOSTIC DES VISIONS DIVINES · texte numérisé non relu

LE DIAGNOSTIC DES VISIONS DIVINES

Thérèse a vu le Christ près d’elle, dans ses bras; et pourtant, il n’est pas descendu sur terre. Depuis sa résurrection et son ascension, il n’est descendu sur terre pour personne, il ne s’est montré à personne. Quand elle dit qu’elle l’a vu, quand elle dit qu’elle a entendu des paroles de la bouche du Sauveur, quand il s’assied près d’elle, elle n’ignore pas que quelqu’autre religieuse, bien loin d’Avila, peut avoir la même vision; elle n’oublie pas, beaucoup moins que ses fidèles, qu’il y a là un phénomène psychique étrange, puisque N.-$S. n’a pas quitté les cieux; elle proclame enfin que les visions et les locutions sont « imaginaires ». On les voit et les entend sans qu’il y ait rien en elles pour les yeux et les oreilles. Les yeux fermés et les oreilles bouchées, on les percevra mieux que jamais, et les visions et locutions les plus vastes et les plus lointaines sont des phénomènes « intérieurs »,

Ce sont des perceptions sans objet. Sans présenter d’objet extérieur au voyant, Dieu en détermine pour lui la vision. Comment ? « Il ne me l’a jamais dit ». « Je ne prétends pas expliquer comment notre entendement peut recevoir une image si saisissante que J.-C. paraît véritablement présent. Le Seigneur ne m’a pas fait connaître le comment, et je suis si obtuse que malgré toute la peine qu’on a prise, je ne l’ai pas compris » 1. :

Elle en a cependant dit assez pour qu’on se fasse quelque idée du procédé divin.

Chaque chose à deux façons d’être objet pour nous : objet de notre perception, objet de notre mémoire. Nos yeux la voient dans l’espace, et nous disons que notre mémoire la voit dans le passé. Elle est tour à tour objet matériel et objet spirituel, ou, si l’on préfère, objet extérieur et trace cérébrale. Quelques théologiens veulent que

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