‹ Études sur l'hallucinationChapitre 351 sur 366 · PASSIVITÉ CERTAINE · texte numérisé non relu

PASSIVITÉ CERTAINE

nous pas nous figurer entendre quand nous voudrions 7 ? Si la vision ne venait pas d’un autre, pourquoi cette absolue impuissance à provoquer, empêcher, observer, retenir, rappeler ou chasser ?

Les paroles et les figures qui naissent des débiles, des imaginations forcées ou après les austérités indiscrètes ne trompent que le malade et pendant qu’il est malade. On découvre toujours que c’est divagation et délire *. Les visions et les paroles de Dieu surgissent aussi dans un état où notre pensée personnelle est plus ou moins paralysée, troublée, distraite. Soudain s'élève en elle, étranger à ses images actuelles, imprévu et tyrannique, un langage où tout est net et se grave, jusqu’à la moindre syllabe ®, des mots dont chacun épanche un fleuve de sens %, des instructions que notre pleine intelligence n’aurait pu coordonner ‘1, des images où la seule blancheur d’une main surpasse toute créature et toute rêverie. Leur éclat n’éblouit pas, leur splendeur est délicieuse ; auprès d’elles toute clarté terrestre est une eau trouble sous les nuages, toute réalité corporelle paraît une ombre ®?, Netteté du détail perçu, précision du dessin — verbal ou autre —, richesse intellectuelle, beauté, ces vertus de l’image divine ne sont pas des illusions de malade, et l’observatrice les leur retrouve quand elle se raconte.

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