‹ Études sur l'hallucinationChapitre 366 sur 366 · IV. — Théorie Thérésienne des Visions · texte numérisé non relu

IV. — Théorie Thérésienne des Visions

I. — ATTITUDES DEVANT LES VISIONS. — Les Intransigeants. Dangers de la confusion avec les hallucinations. Impossibilité d’une distinction certaine. Les rejeter toutes. Leur utilité pour les débutants. Elles éloignent de l’incréé. Sévérité constante du clergé. Les réfractaires aux visions de Sainte Thérèse. 303-305

Les opportunastes. — $e désintéresser de la nature de la Vision, Dieu, Nature ou Démon. S'occuper des effets. Bons effets : bonne vision, quelle que soit l’origine... 305-306

Le diagnostic nécessaire. — Les visions diaboliques poussent au mal. Les visions naturelles donnent parfois l'illusion de la vertu. Les seules visions divines sont efficaces pour le bien. 306

Difficultés du diagnostic : N.-$S. n’est pas descendu sur terre depuis sa résurrection. Les visions comportent un état onirique comme les hallucinations. Elles leur ressemblent... 306-307

Nécessité de l’expérience. Expérience Thérésienne. Elle juge les hallucinations et les pâmoisons du haut de ses visions, de ses extases et de sa sainteté. Pas d'expérience personnelle des pâmoisons et des hallucinations. Nécessité de l’expérience de la sainteté. Inutilité de l'expérience de l’onirisme..……. 307-308

Impossibilité de la certitude. Jamais d’assurance complète. Ne jamais se conduire d’après les visions. Certitude du phénomène psychique (je vois); incertitude sur son origine. 308-309

II. — DÉéMoN ET MALADIE. — Visions édifiantes dues au démon. Même éclat, même plaisir, même apparence de bien. Malaise constant, simples velléités de bien; en définitive : Hal SR Re De Ra no uno PO TOO EME 309-310

Rien sur le caractère fantastique de ces visions. Les démons « conantur persuadere infirmitatem esse naturalem ». Ils actionnent des espèces déjà gravées dans le cerveau. Ils agissent comme des TOXIQUES... 310

Les malades. — Dangers de l’oraison chez les sains : égarement de l'esprit. Chez les débiles, mélancoliques et épuisés hypnose; voient et entendent tout ce qu'ils pensent; sont convaincus de l’extériorité de leurs perceptions et de leur impor-

ee di cc 0 310-312 Jean de la Croix. Dialogue de l'esprit avec lui-même. Conviction de l’extériorité et de la valeur de la voix................. 312 Prophylaxie et traitement. — Folie et sainte Folie. Ascèse héroïque et ascétisme insensé............................. 312-314 III. — CIRCONSTANCES ET CONDITIONS. — Ne jamais les désirer ou les provoquer : on n’obtiendrait que des illusions... 314

Conditions inaccessibles à la science. Conditions morales. Caprices des visions, accordées au pécheur, refusées au saint. Le méritant atteint ici-bas : nécessairement, l’union

de volonté à Dieu, de façon contingente, les consolations mys- LIQUES sr eo ET nee er ae ne 314-315

Conditions psychologiques. Leur importance dans les visions pathologiques. Leur contingence dans les visions divines. Cloître, austérités et fièvre : pas de visions. Equilibre, Critique, AGCLIVI LÉ OV AS LOS NET ES Re RAC RSR 315

Thérèse nie son imagination, se dit insensible, déteste la dévotion féminine, exclut les sentiments de dévotion et les sanglots. Des œuvres, et non des rêves. — Thérèse à autant et plus de visions dans la joie et l’action que dans les sécheresses et la contemplation. Visions consolantes. Pas de visions Cauchemars MN en AT ne RE ee RAT 315-316

Visions et Contemplation. — Visions toujours liées à l’action. Inattendues par leur mode d’apparition, mais toujours liées au tableau psychique du moment, jamais parasitaires, toujours

utilisables. — Visions des périodes actives : pas de statistique précise possible, forte minorité probable de visions directement Fées ACtION RES MR TR EN SRE PER nn 316-319

Visions des phases d’action : îlots de contemplation dans l’action. Vision : extase partielle. Degrés très divers de la suspension psychique dans les visions. La vision Thérésienne la plus onirique reste intégrée dans la personnalité et ne fait JATAIS TC TIT ACLIONM PS SR a ee 319-321

IV. — Visions ET ASCÈSsE. — L'état prébéatifique, préparatoire et préliminaire à la vision béatifique : l’ascèse. Seule préparation susceptible d’attirer des visions : la vertu... 321-323

Les deux chemins : haute sainteté sans consolations extatiques

ni visions. But terrestre à poursuivre : la soumission effective atlarvolonts dé Dion RSR NE re 323-324

Nécessité d’une ascèse ardente, héroïque, saintement insensée. Son but : liberté d’esprit, aptitude aux œuvres, dominer l’ascèse. Nécessité de la prudence chez les directeurs... 324-325

Résultat de l’ascèse enthousiaste : 1° Liberté de la raison et puissance de l’action; 2% Foi surnaturelle, disparition de l’hébétude devant les mystères, sens des choses surnaturelles, vertus spécifiquement chrétiennes, conscience du surnaturel

én, NOUS Mean een eee ee 525-326 Les obstacles sont enlevés. Extases et visions méritées de CONTIENO nee do re ete Eee ne Ne ES 326 V. — PARTICULARITÉS OLINIQUES DES VISIONS. — On ne peut les fixer. Impossibilité de la recherche du détail. On ne peut rièn/pour outcontre la vision NN ee ne 326-328 Souvenir indélébile. Oubli fréquent...........................……. 328

Visions et rêves. Monde extérieur du mystique « arrivé » : rêve, ombre. La Vie mystique l’arrache à ce rêve. Il est réveillé. Dieu absorbe le sentiment de réalité. — La nuit de l’affectivité

fonde la nuit des sens ; les objets perdent leur réalité en perdant leur action sur notre affectivité. — Orientation des visions vers le rêve : l’extase-sommeil, la somnolence et la rêverie postextatique, les visions et locutions perçues « comme dans le sommeil ». Visions et rêves ou hallucinations « tout est cena see ER ER RS 328-330

Durée des visions. « Union » prolongée : pâmoison pathologique. Union vraie : brève. — Prolongation possible des extases douloureuses, jubilations, obnubilations post-paroxystiques. — Visions imaginatives brèves comme l'éclair. Visions imaginatives longues : fausses. Complexité de certaines visionséclairs. — Durée des locutions imaginatives (phrases et discours). Pas de précisions. — Visions et locutions intellectuelles : d’un instant à plusieurs heures, un an... permanentes. — Indications par Dieu sur la brièveté des unes et la longueur des autres. — Brièveté des imaginatives : signe de passivité, signe de soustraction momentanée aux conditions normales. — Durée des intellectuelles : signe de progrès de l’élévation vers Dieu, d'aptitude croissante à la réception des dons de Dieu. 330-333

VI. — DIAGNOSTIC DES VISIONS DIVINES. — Visions : hallucinations divines. Les visions sont «imaginaires » : sans objet; le Christ n’est pas descendu sur terre depuis son ascension ; pas

d’objet métapsychique. — Prétendue observation de la vision sur la cornée des visionnaires, de la transverbération sur le cour Cle: Je SNS one OO I EE 334-335

Objet interne de la vision : image, trace cérébrale. Trace spécialement créée par Dieu (« Je suis l’immaculée conception »). Trace antérieure, naturelle, souvenir réveillé par Dieu. — Probabilité de ce dernier mécanisme chez sainte Thérèse. Dieu parle « Thérésien ». Il ne dit que des choses prévues, désirées ou redoutées. Il se montre sous les traits popularisés par la

peinture. — Dieu réveille une image, une species, et elle descend vers les organes des sens » (Jean de Saint- 2 ner CRE EN mt PRE Eee 335-336

Hallucinations permises par Dieu : diaboliques ou pathologiques ; causées par Dieu : divines. — Dieu utilise syncopes éthhallucinations : extases et'visions........7:........... 336-337

Thèse scientifique : hallucination morbide = produit d’un inconscient malade. Vision = hallucination saine produit d’un

inconscient supérieur. — Thèse catholique : inaptitude de l'inconscient et de l’organisme à provoquer des hallucinations génératrices de vertus chrétiennes.................................…. 337

Signes des visions divines. — Nécessité de l'expérience. Erreur impossible chez le normal qui a eu de vraies ONE Li Re TS ARR DST OS DOS 0e 337-338

Passivité et pseudo-passivité. — L’halluciné ne peut avoir

l’exact sentiment de passivité. Dans l’âme, pas d’erreur ou

d’impulsion irrésistible. Est pécheur, méchant, possédé ou halluciné quisveut l'être 27m RER EE 338

Pauvreté intellectuelle de l’hallucination. Elle ne résiste pas au réveil dela critique es centre ee ee 339

Passivité absolue devant la vision : elle est inévitable. On est attentif malgré soi. On ne peut l’obtenir, la détailler, la modifier, la maintenir, la chasser, la rappeler... 339-340

Son apparition dans un état plus ou moins onirique. Fa netteté, sa richesse, sa beauté, sa profondeur, sa valeur survivent à l’onirisme et résistent à la critique..................…. 340

Les effets. — Joie, Guérison des sécheresses, Larmes. 340-341

Les vertus. L’héroïsme. Le temps établit si l’effet n’est pas illusion. Jean de la Croix : les paroles substantielles créent «l’habitude » des vertus. — Primauté de l’effet moral. La vision est infusée avec lui, elle ne le cause pas. — La vision n’est qu’un signe de la transformation morale. Thèse scientifique : la vision effet ou signe de l’état affectif qu’elie paraît causer. — Angèle de Foligno : le signe que c’est Dieu n’est pas corporel. C’est l'amour, la vertu, c’est la certitude.................…. 341-344

La réalisation des révélations monitrices. Faits cités par sainte Thérèse. Leur peu de valeur. Dieu a tout dit par le Christ. Lui demander quelque chose de plus, c’est vouloir se Driver FLERlA NÉ OT ee nr ee NO En Se EE 344-345

Certification par Dieu de la divinité des visions... 346

Conformité à la foi. La foi écarte souverainement tout ce qui n’est pas elle. La conformité à la foi contribue positivement à la certitude. La foi, vertu surnaturelle, organe, greffe, présence, révélée et révélatrice, « quod et quo creditur », folie pour l’hébété, science pour le croyant......................... 346-347

La certitude immédiate. Rôle secondaire des raisons, observations, vertus, œuvres, dons, dans l'acquisition de la certi- RAS LM DER AA EC RME ee EE Are Ph nn LU 347-348

ConcLusION. — Les visions : hallucinations. Hallucinations causées directement par Dieu. Dieu utilise les procédés « naturels ». Visions extatiques : hallucinations oniriques. — Distinction des hallucinations divines et des hallucinations pathologiques ou démoniaques très difficile. Impossibilité de la preuve. Défense de jurer de la véracité des visions. Défense de s’appuyer sur elles. Primauté des raisons de prudence. — Présomptions : Vérification, Certification par Dieu, Passivité évidente et totale, Impuissance de la conscience, de l'inconscient, de l’organisme à causer les effets des visions, Effets moraux spécifiques, Conformité à la foi, Certitude immédiate : non démonstration mais foi, « illustrata donis » et lestée de bonnes TAISONS 15468 men eee de ED ee ET 348

LES HALLUCINATIONS POUR UN THÉOLOGIEN : GERSON. — « De probatione spirituum ». « De distinctione verarum visionum à falsis ». « De monte contemplationis ». « De amore ». « Theobla recoenan ananas etat den e sea 349

Le sujet. — Son humilité... La confabulatio... Les malades... La superbia spiritualis.. Sévérité de l’observateur (« cautissimus », « sperne »). Sévérité du sujet : Equilibre, Humilité,

Reine dé MERS re 349-350 Excès ascétiques. — Causes d’'hallucinations et de délires. — Combattre les excès ascétiques. Respecter l’héroïsme ascéen can dan a conan aan m esse tan useunues 350 Mérité des visions. Indémontrable.......:........................ 351 Indices extérieurs. — Réalisations, révélations littérales, conditionnelles, symboliques. Caractère raisonnable de la DC DO eco te es ment nee er dbprenus 351 Signes intrinsèques. — Identité d’aspect des visions et des

hallucinations. Analogies de la veille et du rêve : rêves discursifs, raisonnables et réfléchis. Actes complexes du dormeur. Le rêveur qui décide qu’il veille. L’homme éveillé distingue la veille du rêve, « quia sie experior ». L'homme spirituel sait qu'il voit les choses divines parce qu’il est éveillé à la lumière

JAN Re non on ut ter SE 351-352 Pas de preuves rationnelles, pas de démonstration... 352 Nécessité du don de discrétion. « Sapor intimus ». « Tllu-

minatio experimentalis »................................,.,......... 352-353

L'amour. L'amour trompeur, ses illusions. L'amour spirituel. L'extase : exaltation des puissances supérieures, « spiritus », silence des puissances inférieures « sensus, ratio ». — [’amour : meilleur moyen de connaître Dieu................................. 353

Connaissance par « evagatio » ou « cogitatio », par « inquisitio » ou « meditatio », par « contemplatio ». — La certitude « à divino lumine ». — Les saints sont seuls éveillés. Les pécheurs sont « obruti et obvoluti », et rêvent. — La foi parfaite ne se découvre pas de plus forte preuve que « sic experior ». — Hébétude du sujet privé de la foi, de l’amour spirituel, des extases et des visions... 353-354

Thèse « éternelle ». Identité extérieure des visions et des hallucinations. — Divinité des visions indémontrable et certaine. Certitude par l’amour et la sainteté................…..……. 354

Imprimeries Oberthur, Rennes-Paris (596-2-1930)

Vu, le 30 janvier 1930.

Le Doyen de la Faculté des Lettres de l'Université de Paris,

H. DELACROIx.

Page 1