‹ Études sur l'histoire de l'art (volume 3)Chapitre 1 sur 31 · PREMIÈRE PARTIE ESSAI ARCHÉOLOGIQUE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE ESSAI ARCHÉOLOGIQUE

L'ancienne calliédrale de Noyoïi n'a pas la célébrité qu'elle mérite. Elle ne peut liitler, il est vrai, ni en étendue, ni en élévation, avec ces immenses églises qui font la gloire de Chartres, de Reims ou d'Amiens; mais la beauté de son pl.iii, la sévérité de ses formes, l'harmonie de ses proportions, ui donnent droit à être comptée p.irmi nos monuments reli

/,^ieux de premier ordre. Ajoutons qu'il y a dans sa construction cerlaii^es particnlarilés qui en font un des types les mieux caracleiisés de cette époque de transition, oii l'arcade à plein cintre, dépossédée de sa vieille suprématie, et près de disparaître pendant trois siècles dé noire sol, se mariait encore à l'ogive victorieuse et envahissante.

C'est surtout à ce titre, c'est comme objet d'étude, comme document utile à la solution de problèmes encore obscurs, que ce monument aussi important que peu connu mérite une sérieuse attention.

Plus son architecture présente de remarquables anomalies, plus il importerait de fixer avec certitude les dates auxquelles se rapporte chaque partie de sa construction.

Malhcucnsement c'est là une utopie qu'il n'est guère permis de réaliser. Des traditions incertaines, des documents contestables, des archives presques muetles, des historiens peu clairvoyants, voilà de quelles ressources nous pouvons disposer.

Ce n'est pas une raison pour s'abstenir.

Nous chercherons d'abord s'il est réellement impossible de découvrir des renseignements clairs et certains.

Si nons n'en trouvons pas, nous nous adresserons à des faits en apparence étrangers à notre sujet, mais d'une certitude inconteslable, et nous verrons s'ils ne pourraient pas nous servir de jalons pour déterminer d'une manière générale les dates dont nous avons besoin.

Enfin nous interrogerons le monument; nous lui demanderons d'achever lui-même son hisloiré, après avoir essayé toutefois de démontrer que ce mode d'investigation n'a rien

(rarbilrairc ni de chimérique, et qu'il constitue une science, cncoï c à son début, il est vrai, mais qu'une saine méthode peut asseoir sur les bases les plus solides.

Nous aurons atleint notre but si nous prouvons par un exemple, quelque imparfait qu'il soit, qu'il ne faut pas désespérer d'établir approximativement l'âge de nos anciens monuments, lors même que les documenls écrits semblent muets sur leur compte, ou, ce qui est encore pis, n'en parlent que pour accréditer de fausses et ridicules traditions.

Avant tout, il faut jeter un coup d'œil sur le monument (el qu'il est aujourd'hui.

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