ÉVÊQUES DE NOYON
Nous ne pensons pas qu'on puisse attacher grande importance à connaître les noms des évêques de Vermand ; ces prédécesseurs de saint Médard apparliennent à une époque fort ténébreuse, où la critique historique pénètre difficilement. Voici cependant les noms de ces évêques ; on en compte quatorze, savoir :
Hilaire I",
Martin,
Germain,
Maximin,
Fossonius,
^ternus ou Acternus, Hilaire II,
Domitien,
Remédie ou Remy,
Marcuninus ou Mereo,
Piomatus,
Soffronius,
Alomer,
Saint Médard.
Saint Médard est à la fois le dernier évéque de Vermand et le premier évêque de Noyon et de Tournay. C'est en 551 qu'il paraît avoir
^ Ce complément à l'histoire de l'église Notre-Dame de Noyon se ratfaclie trop directement à l'ensemble de notre travail, pour que nous ayons cni pouvoir l'en séparer. Peut-être eût-il mieux valu Je reléguer à la (in du volume, à titre de document, et nous sommes tentés d'en dire autant de l'appendice tout entier. Ces descriptions architectoniques n'ont d'intérêt et ne sont même intelligibles qu'en face du monument lui-même ou les yeux fi^vés sur des dessins d'une parfaite exactitude.
Tels étaient ceux qu'avaient exécutés M. Ramée et qui accompagnaient
transporté son siège de Vermand à Noyon. Quelques années plus tard il l'ut élu évêque de Tournay, et dans l'ardeur de son zèle il accepta ce double fardeau. Saint Médard joue un grand rôle dans l'histoire du christianisme au sixième siècle. Il passa sa vie à défendre son troupeau contre les Barbares et à semer la parole de l'Évangile dans les provinces qui s'étendaient entre ses deux sièges épiscopaux. Ses vertus et ses miracles ont été chantés par Fortunat dans un de ses poëmes commençant par ces vers :
Inter christicolas quos actio vexit ad astra
Pars tibi pro meritis magna, Medarde, patet, etc.
(Fortunati Carminum, lib. II, sect. 17.)
C'est à Noyon, et dans les bras de saint Médard, que la reine Radegonde, fuyant la demeure de Glotaire I*"^, son époux, vint chercher un refuge. Ce fut de sa main qu'elle reçut le voile. Puis, devenue abbesse du monastère de Sainte-Croix, fondé par elle dans la ville de Poitiers, elle mérita d'être, après sa mort, comptée parmi les saintes, bien que de son vivant la calomnie ne l'eût pas épargnée et eût malignement interprété l'hospitalilé généreuse qu'elle accordait au poëte Fortunat.
Saint Médard, né à Salency, village près de Noyon. fut le fondateur d^une touchante institution, qui a le mérite d'avoir subsisté pendant ^ quatorze cents ans, la Rosière de Salency. Grâce aux opéras-comiques et aux faiseurs de petits vers, tout le monde sait ce que c'est que la Rosière de Salency, mais bien peu de gens se doutent que cette antique (jOutume remonte jusqu'à saint Médard. C'est à l'institution de la Rosière que Fortunat fait alusion dans ces deux vers :
Te inter mundanos vêpres gradiente, tatemur, Galcanis spinis, promeruisse rosas.
Saint Médard meurt vers 545, et au bout d'un siècle environ, en 648, le siège de Noyon est occupé par un autre saint personnage, dont la célébrité est plus grande encore ; nous voulons parler desamt Éloi. Mettons de côté le refrain populaire, et cherchons la vraie physiono-
notre étude lorsqu'elle parut pour la première fois, il y a vingt ans, sous les auspices du comité hi.storique siégeant au ministère de l'instruction publique.
Nous prions donc le lecteur qui n'aura pas l'atlas de M. Ramée à sa disposition de s'en tenir prudemment à la première partie de cette étude.
mie de l'ami et du trésorier de Daf^obert. CVtaità la fois le plus saint homme, le plus intègre ministre et le plus habile artiste de son temps. Pour connaître la vie et les travaux de l'évêque deNoyon, il faut lire le récit que nous en a laissé saint Ouen. Là nous le voyons tour à tour édifier ou restaurer des églises, ciseler avec une dextérité merveilleuse des pièces d'orfèvrerie, enseigner les secrets de son art à toute une communauté de jeunes néophytes, racheter à prix d'or de pauvres esclaves, briser les fers des captifs, les sanctiher par le baplcme, les consoler par une infatigable charité. Admirable vie! belle et noble figure, qui luit d'un éclat consolant au milieu de ces tristes ténèbres de la barbarie.
Depuis le septième siècle jusqu'au dix-huitième, la chaire épiscopale deNoyon n'est plus occupée par d'aussi éminents prélats que saint Médard et saint Éloi, mais on y voit encore monter de loin en loin quelques hommes remarquables, soit par de grands talents et de nobles vertus, soit seulement par la naissance.
Nous allons en donner la liste. Il y en aura plusieurs, surtout dans les premiers siècles, dont nous ne pourrons citer quelenom, parce que Thistoire est muette sur leurs actions, et nous laisse même ignorer la date de leur naissance et de leur mort. Quant à ceux dont elle a conservé le souvenir, nous indiquerons très-sommairement les faits principaux qui les concernent.