‹ Études sur l'histoire de l'art (volume 3)Chapitre 15 sur 31 · Radulfe, chanoine de Laon · texte numérisé non relu

Radulfe, chanoine de Laon

977. Lmdulfe, fils d'Albert comte de Yermandois. C'est sous son

épiscopat et à Noyon qu'Hugues Capet fut proclamé roi. S90. Radbode, delà famille des ducs de Frise.

997. Hardoin, tils de Robert de Groy. C'est pendant Tépiscopat d'Hardoin, et grâce à un singulier subterfuge, que fut rasée l'ancienne tour du château de Noyon qui portait ombrage au pouvoir temporel des évêques*.

* « Le roi Robert avoit une tour à Noyon, assise dans FenclGS de l'église Notre-Dame, joignanl* la cour épiscopale. De laquelle tour le peuple de Noyon recevoit un grand déplaisir. Car celui qui la gaidoit pour le roy estoit si insupportable et arrogant qu'il entreprenoit sur les droils et revenus de

i030. Hugues.

10Î4. Beaudoin de la famille des comtes de Flandre.

1068. Ratbode II, « Vir doctissimus, scientia, piis nioribus ornatus.»

1098. Balderic ou Baudry, chapelain de l'évêché de Gambray, homme de bien et de science. C'est lui qui donna, en 1108, aux habitants de Noyon leur charte de commune*. Ou a conservé l'épi-

réglise, s'ingéroit des causes spirituelles, en sorte que l'évesque ne pouvoit juger ni définir sans luy; bref, tenoit un chacun sous la rigueur de son tyrannique esclavage, continuant tousiours de pis faire, non obstant toutes les remonstrances des plus gens de bien. Enfin lut advisé par l'évesque, le clergé et le peuple qui gémissoient sous le joug, de résister au .tyran : pour à quoy parvenir lut trouvé bon de s'emparer de la tour et de la démolir. Un jour donc que le tyran s'estoit absenté de sa forteresse, n'y ayant laissé que sa femme avec ses servantes, l'évesque, voyant l'opportunité favorable, et ayant donné le mot aux citoyens avecques commandement de s'armer, fit dire à la dame qu'il l'alloit veoir pour la prier de luy vouloir tailler une chasuble de drap de soye, que personne ne pouvoit mieux qu'elle. La dame, toute ravie de bonheur d'une telle visite et glorieuse de recevoir son évesque, personnage de qualité et de maison, luy va au-devant et le reçoit au dedans, ne sachant rien du dessein. Après quelques discours de civilité, voicy arriver ceux qui dévoient faire crouler la forteresse avec engains et instruments à ce convenables. Ce fut lors que Mgr l'évesque fit entendre à madame la gouvernante que, pour les injures que son mary faisoit souffrir à l'Église, à luy, aux chanoines et au peuple, il falloit que la tour sautast et que tous les boulevars fussent rasez, et parlant, dit-il, sortons visles avant que l'on commence, crainte de périr sous les ruines. A ces mots elle tomba en foiblesse d'appréhension qu'elle eut. L'évesque, la relevant et la rassurant par douces paroles, la prit par la main et la mena au dehors en lieu de seureté. A l'instant et sans marchander dauanlage, les gens de l'évesque mirent le feu aux quatre coins du hâtiment, sapèrent et minèrent tous les édifices.» (Levasseur, Extrait de Cousin, de Meyer et d'ilcriman, p. 743.)

* Baudry jura d'abord pour lui et ses successeurs de toujours maintenir cette charte, et les habitants de tout État jurèrent après lui. Non content de s'être ainsi engagé par serment, l'évêque confirma par une nouvelle charte les promesses qu'il venait de faire. Cette seconde charte est ainsi conçue :

« P.aldricus, Dci gratiâ Noviomensis episcopus, omni[)Us in fide perseverantibus, de die in diem promoveri in melius :

« Sanctorum patrum, fratres charissimi, diclis docemur et exemplis omnia bona litterarum apicihus debere commendari : ne in posterum tradantur oblivioni. Sciant igitur omnes christiani présentes et fuluri communionem in Noviomo constilutam concilio clcricorum et militum, noc non et Burgensium me fecisse, et sacramento, pontificali auctoritate, atque anathemalis vinculo confirmasse, et a domno L, Bege, ut ipsam concederet et

m ÉTUDES SUR L'HISTOIRE DE L'ART

taphe de Baudry, la voici : «P. Baldricus, liujus ccclesice canior et episcopus Noviomensis, anno Verbi incarnali 1112, praelectionis suas 15, pridie calendas junii obiit meritis plenus et chronico cameracensi illustris*.

1115. Lambert, archidiacre de Tournay. Il dut son élection à une manœuvre assez habile des chanoines de Noyon. Le chapitre de Tournay, voyant Baudry malade, avait envoyé secrètement à

regali signe corroboraret impetrasse. Quam per me factam et à multis juratam, et, ut procdictum, à rege coneessam, ne aliquis destruere vel corriimpere praesumet, ex dei et meâ parte commoneo: et pontificali auctoritate prohibée. Quicumque transgresser legis eam violaverit, excommunicationi subj iceat; qui autem bone servaverit cum habitantibus iii domo Domini sine fine maneat. » (Levass., p. 805.)

^ Cette épitaphe contient plusieurs erreurs, si nous nous en rapportons à M. Leglay, éditeur de la Chronique de Balderic (in-S*, l8o4). Selon ee savant archiviste, Baudry (ou Balderic), auteur de la Chronique de Cambray, et Baudry, evêque de INoyon, sont deux personnages distincts. C'est à tort qu'ils ont été confondus par les auteurs du Gallia christ/ana, par Levasseiir, par une foule d'autres anciens écrivains, et enfui par M. Augustin Tiiierry. M. Leglay s'appuie sur fautorité des Bollandistos, qui, les premiers, ont démontré que la prétendue identité entre le chroniqueur de Cambray et l'évêque de Noyon était impossible; que l'un avait été chantre de Térouane, tandis que l'autre ne Bavait jamais été; que l'un était mort en 1097 et l'autre seulement en 1112. D. Rivet, dans V Histoire liltéraire de la France, adopte l'opinion des Bollandistes (t. VIII, p. -400). Les auteurs du Recueil des historiens de France avaient, dans leur tome VIU, confondu les deux Baudry, mais les continuateurs de ce recueil ont rectifié, dans le tome XI, p. 122, l'erreur de leurs devanciers.

I/opinion soutenue par M. Leglais paraît très-vraisemblable, mais elle a pour conséquence de déclarer apocryphe l'épitaphe que nous venons de citer. Cette épitaphe, rapportée par le Gallia christiana, était gravée sur une tombe placée dans le chœur de la grande église de Térouane. Or, il n'y a pas de milieu, ou c'est l'auteur de la Chronique qui était enterré sous celte tombe, et alors l'épitaphe ne devait pas dire qu'il avait été évêque de Noyon et qu'il était mort en 1112; ou c'est l'évêque de Noyon dont l'épitaphe voulait parler, et dans ce cas elle ne devait pas contenir ces mots : Hujus ecclesix cantor et chronica camaracensi illmlris.

Comment concilier ce témoignage lapidaire avec l'opinion des Bollandistes, de D. Rivet et de M. Leglay? Le seul moyen c'est d'admettre (jue la tombe aura été refaite à une époque où le souvenir des deux Baudry n'était plus très-présent, et que, pour fiire honneur au chantre chroniqueur, l'auteur de l'épitaphe l'aura identifié avec son homonyme l'évêque de Noyon.

Rome pour obtenir le droit de se choisir un évêque propre. Le pape avait accueilli cette demande, el Raoul, archevêgue de Reims, avait été conDmis pour sacrer le prélat flamand; ïTiais, prévenus du danger, les chanoines de Noyon se hâtèrent de le conjurer en faisant tomber leur choix sur l'archidiacre du chapitre de Tournay. Lambert, une fois nommé, travailla luimême à maintenir la réunion des deux sièges, et le pape révoqua sa bulle.

1121. Simon, prince du sang royal. Son père, Hugues le Grand, comte de Vermandois, était fils du roi Henri 1"% et par conséquent frère de Philippe P^ Il fonda la grande abbaye d'Ourscamps en 1129. G est sous son épiscopat, en 1131, que la cathédrale • de Noyon fut incendiée et que le siège de Tournay fut dé(initivemcnt détaché de celui de Noyon. 11 mourut à la croisade où il avait accompagné le roi Louis YIl.

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