LIBRAIRIE HACHETTE ET C
79, BOOLEVAHD SAINT-GERHAIN, 79
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ÉTUDES
SUR
Les études réunies dans ce volume sont des morceaux détachés de l'histoire de Prusse, et je voudrais montrer en quelques pages ce qu'elles peuvent apprendre au lecteur sur cette histoire,
La Prusse est un État allemand fondé hors des frontières d'Allemagne. Cette définition explique une grande partie de sa destinée.
Elle distingue la Prusse de l'Autriche, qui est, non pas un Élat^ mais une réunion de principautés et de royaumes produite par des accidents, et de Tancienne Allemagne, qui était
une région politique sans contours déterminés,
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et dont les frontières, comme une draperie flottante, tantôt recouvraient et tantôt découvraient une partie du sol français, italien et slave. L'Autriche a laissé subsister en e\\e les différences de races; l'Allemagne, les différences de provinces et la variété des gouvernements; au lieu que toutes les parties de l'État prussien, si disséminées qu'elles fussent, ont été de bonne heure réunies en une communauté ayant ses intérêts généraux : le chef y exerçait la souveraineté, non point comme seigneur du territoire, mais comme dépositaire de la puissance publique.
En Prusse, toutes les forces ont été disciplinées et pliées au service de l'État. Jamais l'Église catholique elle-même n'a été indépendante en Brandebourg ni dans la vieille Prusse, pas même au temps où elle gouvernait le reste du monde. Après la Réforme, les Églises nouvelles ont été les servantes de TÉtat, et certains recueils officiels de prières où le roi est traité à peu près comme Dieu, et les princes et les princesses comme des saints, montrent bien l'existence d'un christianisme à l'usage du roi de Prusse. L'État, il est vrai, a mérité le culte dont il est l'objet. S'il sait exactement les devoirs de tous
envers lui, il connaît les siens et les remplit. Il n'est point absorbé dans le prince : il est audessus de lui, et c'est un mot très remarquable que celui du roi Frédéric-Guillaume I^ : «Je suis le ministre de la guerre et des finances du roi de Prusse. » Ce roi de Prusse idéal, perpétuel, dont les rois qui se succèdent sont les ministres, c'està-dire les serviteurs, c'est l'État. Jamais roi n'a été mieux servi.
Si la Prusse a prévalu sur TAutriche et sur l'Allemagne, c'est parce qu'elle a été un État. Une des plus importantes questions que puissent étudier Thistorien et le politique est donc celle-ci : Gomment la Prusse est-elle devenue un État? Il faut, pour y répondre, creuser fort avant dans le ps^ssé. L'État prussien moderne date du xvn' siècle, du jour où le grand électeur mit le même uniforme sur le dos de ses soldats des duchés rhénans, du Brandebourg et de la Prusse, et plaça au-dessus des états provinciaux et des privilèges de chacun de ces pays une administration centrale qui représenta la patrie prussienne; mais le Brandebourg et la Prusse étaient déjà de vrais États au moyen âge, alors qu'ils vivaient, le premier sous le gouvernement des margraves de
la maison ascanienne, le second sous le commandement des chevaliers teutoniques,et que ni Tun ni Tautre ne connaissait les Hohenzollern. L'Europe était alors dans la période féodale; partout les droits attachés à la propriété du sol étouffaient la puissance publique, qui faisait effort pour s'en dégager; et déjà en Brandebourg et en Prusse il y avait un souverain qui gouvernait.
La Prusse et le Brandebourg ont vécu sous ce régime parce qu'ils ont été des colonies du peuple allemand, et il faut renoncer à comprendre l'histoire de la Prusse, si Ton ne connaît point ce fait ou qu'on en mesure mal rimportance.
Pour tous les peuples, les voisins sont des ennemis, et les frontières, des champs de bataille : le Germain a été l'ennemi du Slave, son voisin de Test. Il l'a combattu en quelques grandes rencontres, pendant le temps très court où l'Allemagne du moyen âge a joui d'une sorte d'unité politique; mais il l'a vaincu, repoussé, exterminé, par l'effort quotidien, quelque peu désordonné, des marchands, des chevaliers, des moines et des paysans allemands, qu'attiraient en pays slave l'ardeur du prosélytisme, l'amour des aventures et la passion du gain. Les villes,
les monastères et les chàtellenies furent comme les cadres naturels où entra cette migration ; mais les colonies allemandes n'auraient pas duré si elles n'avaient trouvé deux cadres plus larges et plus solides : sur la rive droite de l'Elbe, l'État militaire des margraves de Brandebourg; sur la rive droite de la Vistule, l'État militaire des chevaliers teutoniques. Le Brandebourg et la Prusse se sont donné des institutions spéciales et qui ne ressemblaient point à celles de l'Allemagne, parce que ces deux États ont été des créations et non des pousses naturelles abandonnées à la liberté de la croissance; parce qu'ils ont été fondés chez l'ennemi, en face de l'ennemi ; parce que les colonisateurs de ces deux territoires ont été, non point des peuples ou des fractions de peuples, apportant avec eux leurs lois antérieures, mais des individus détachés de tous les cantons de l'Allemagne, et qui ont accepté sur la terre conquise des lois appropriées aux besoins de cette terre. Cinq chapitres de ce volume sont consacrés à ces lointaines origines de l'État prussien, les deux premiers à l'histoire de la Marche de Brandebourg jusqu'au xiv* siècle; du Brandebourg, c'est-à-dire de ce pays de déserts et de mare-
cages, mais situé à mi-cliemin de la Baltique et de la chaîne silésienne, entre TEIbe, tributaire de la mer du Nord, et TOder, tributaire de la Baltique, et dont le réseau fluvial semble dessiné pour établir des communications entre TElbe et le Niémen. Ce pays n'est couvert, mais aussi n'est contenu par aucune frontière; il est menacé de toutes parts, mais il peut s'étendre de tous les côtés : un peuple s'y est formé, mêlé de Slaves et d'Allemands de toutes les régions, propre à recevoir sans cesse des éléments étrangers, pauvre et endurci par la pauvreté, patient, tenace comme le pin des sables de Brandebourg, vaillant à la peine et opiniâtre à en garder le fruit.
Dans lés troisième, quatrième et cinquième chapitres, on a essayé de retracer à grands traits les destinées de la corporation chevaleresque allemande. Les chevaliers teutoniques ont fait Sur la rive droite de la Vistule la même œuvre que les margraves de Brandebourg sur la rive droite de l'Elbe; ils ont été, bien loin du corps de bataille, une avant-garde allemande, exposée aux efforts de l'ennemi et dont l'histoire a le dramatique intérêt d'une lutte perpétuelle entre deux races.
Il est vrai que, lorsque les Hohenzollern sont devenus margraves de Brandebourg au xv® siècle et ducs de Prusse au xvii% la Marche n'était plus ce que les margraves ascaniens l'avaient faite, ni la Prusse le riche pays bien ordonné du beau temps des chevaliers; mais les institutions anciennes n'avaient pas si complètement disparu qu'il n'en restât de fortes traces; puis, malgré la différence des temps, la condition du pays et du peuple qui l'habitait était demeurée la même : le pays avait les mêmes ennemis; sa sécurité, son existence n'étaient pas plus assurées ; il était toujours réduit à trouver sa force en lui-même, son salut dans ses institutions et dans la discipline. Le prince avait beau ne point savoir peut-être les noms des margraves ascaniens et ne point se souvenir des chevaliers : il faisait ce qu'avaient fait les margraves et les grands maîtres; et les chapitres sixième et septième de ce volume, où il est parlé des Hohenzollern colonisateurs, montreront que l'État des Hohenzollern a été, avec des moyens meilleurs et des idées plus nettes, le continuateur des margraves et des chevaliers.
L'histoire de la fondation de l'Université de Berlin est le sujet de la dernière étuçle, où l'on
trouvera quelques traits essentiels de Tliistoire de la Prusse. L'Université de Berlin a été créée au temps où la Prusse semblait sur le point de mourir moins encore de sa défaite que des défauts de sa constitution. Un régime politique où l'individu est un instrument au service de l'État qui lui prend toute son âme, procure au prince pendant un certain temps des forces extraordinaires; mais il tarit à la fin la source vive de toute force, qui est la valeur morale des individus. Les intelligences et les volontés, après qu'elles se sont employées à la construction de cette belle machine de l'État qui sait tout et peut tout, se reposent sur lui du soin de tout savoir et de tout faire, et s'il arrive que quelque coup imprévu brise ou même dérange le mécanisme, l'individu éperdu ne sait où se prendre pour résister, ni comment il faut faire pour continuer de vivre. léna fut ce coup imprévu, mais cette grande journée ne fit que prouver la supériorité du génie militaire de Napoléon : l'effondrement de l'État prussien qui la suivit montra que la machine était vermoulue.
Ce fut une noble idée que de vouloir relever un État par la création d'une École. Elle fut vite comprise par le roi de Prusse; car les Hohenzol-
lern, qui connaissent le prix de toutes les forces, n'ont point dédaigné les forces intellectuelles. Ils ont eu cette bonne fortune que celles-ci se sont mises à leur service, comme la religion. La tolérance religieuse, cette première forme de la liberté de l'esprit, a été une des maximes de leur gouvernement, et le lecteur verra dans ce livre Ténornie profit qu'ils en ont tiré. Ils n'ont pas eu à souffrir même de la libre pensée, qui est née très vite en Prusse de l'examen de l'Écriture, et il est remarquable que le rationalisme ait fait en ce pays bon ménage avec le pouvoir absolu. C'est que le rationalisme s'est reconnu dans ce gouvernement rationaliste : Pufendorff, Thomasius, Wolf, Kant, Fichte, Hegel, ont trouvé réalisée dans la monarchie prussienne l'idée spéculative de l'État. Pourtant la Prusse n'était pas capable à elle seule de ranimer l'Allemagne à un foyer intellectuel. Elle n'avait point pris part au mouvement littéraire du xviu* siècle. Toute l'intelligence prussienne était requise pour le service public. Au lieu qu'en France, en Angleterre, en Italie, de grands noms nobles brillent sur la liste des écrivains et des érudits, la noblesse prussienne n'a produit que des soldats, des administrateurs et
des diplomates. La bourgeoisie n'a guère fourni que des marchands et des employés. C'est dans les petits pays allemands que se rencontrent les érudits, les poètes, les écrivains et les artistes. Là, Tesprit n'était point discipliné à la prussienne; les misères d'une vie politique sans grandeur n'étaient point capables de le contenir, et il s'élevait, d'un élan naturel, vers les hautes régions. Il s'y est égaré : il a perdu la terre de vue pour conquérir, comme a dit un Allemand, l'empire de Tair; mais c'était beaucoup que d'avoir reconstitué un empire allemand, môme dans les nuages, et le temps vint où les hommes, pénétrés de cette haute culture et de l'orgueil qu'elle fait lever dans les âmes, • se sentirent atteints par l'humiliation de leur patrie et résolurent de faire contribuer Tesprit à son relèvement. Ils s'adressèrent, alors au pays qui avait la force, c'est-à-dire à la Prusse ; ils mirent dans ce corps robuste l'àme allemande et, par la fondation de l'Université de Berlin, consommèrent cette redoutable alliance de la force militaire prussienne et de l'esprit national allemand, qui a relevé la Prusse et l'Allemagne, vaincu l'Autriche et vaincu la France.
L'établissement de cette grande école est donc un des plus importants épisodes des relations de rÉtat prussien avec l'Allemagne. Il convient de dire ici un mot de ces relations. La Prusse a ses flatteurs, comme tous les victorieux; ils n'ont pas manqué de dire que le principal et constant souci des HohenzoUern a été de mettre leur puissance au service de rAUemagne, et ils attribuent à la Prusse une « mission allemande » , mais toute l'histoire proteste contre cette flatterie. Sans doute la Prusse a reculé vers l'Orient les frontières de l'Allemagne, et ses électeurs et ses rois sont admirables, comparés aux princes du centre et de l'ouest, gens naïvement égoïstes et superbes, et qui considéraient l'État comme un instrument tout exprès inventé pour leur commodité personnelle. Le petit potentat allemand qui vendait ses sujets au roi Georges d'Angleterre pour être expédiés comme chair à canon en Amérique, fait un contraste instructif avec son contemporain Frédéric II, qui achetait des sujets , pour ainsi dire , en distribuant aux colons appelés en Prusse de l'argent et des terres. L'un déshonorait l'Allemagne, l'autre l'honorait et l'agrandissait; mais il y a de la
malhonnêteté à prétendre que les créateurs de la Prusse aient jamais songé à travailler pour la gloire et le profit de T Allemagne; Rome fut jadis en Italie, comme la Prusse en Allemagne, une terre d'asile; elle prit ses citoyens d'abord parmi les tribus voisines, puis dans toute l'Italie, comme la Prusse a pris ses sujets, d'abord dans les cantons voisins, puis dans toute l'Allemagne; Rome a formé de ces éléments divers l'État romain, création artificielle, comme l'État prussien ; mais Rome ne s'est jamais vantée d'avoir vécu et travaillé pour l'Italie : elle a vécu de l'Italie, non pour elle, comme la Prusse a vécu de l'Allemagne, non pour l'Allemagne.
Il est vrai toutefois que, depuis longtemps, cet État, qui avait la force et une politique, a été l'objet d'une admiration où il y a de la fierté, de la part de tous les Allemands dojit l'impuissance politique de l'Allemagne offensait l'orgueil et le patriotisme. Après la guerre de Trente ans, quand l'Allemagne est déshonorée, ruinée, annulée, ce qui reste de patriotes allemands régarde faire avec joie le grand électeur. Au siècle suivant, les exploits du grand Frédéric — c'est Gœthe qui le dit — ont éveillé la
poésie allemande. Au commencement de ce siècle enfin, TAUemagne vaincue par Napoléon attend son salut de la Prusse, et vers elle accourent le Nassovien Stein, les Hanovriens Hardenberg et Scharnhorst, le Mecklembourgeois Bliicher, le Saxon Gneisenau, tous les hommes de bonne volonté, hommes d'épée ou hommes d'idées. Alors est fondée TUniversité de Berlin, et c'est un honneur pour la Prusse que d'avoir été choisie comme le seul terrain où pût prospérer cette œuvre allemande.
Comme l'objet de cet avant-propos est d'introduire auprès du lecteur les chapitres de ce volume, et de les encadrer, pour ainsi dire, dans rhistoire de la Prusse, il doit s'arrêter où finit le dernier chapitre. Tout le monde sait d'ailleurs comment la grande espérance que le peuple allemand avait mise dans la Prusse en 1813 a été trompée; les défaillances du gouvernement prussien après les victoires de ses armées; le retour à la politique égoïste; les colères que cette trahison a soulevées en Allemagne et même en Prusse. La bonne volonté du peuple allemand ne s'est point lassée pourtant, et le parlement germanique n'a rien imaginé de mieux, dans la tourmente de 1848, que
d'offrir le sceptre impérial au roi de Prusse; mais le roi de Prusse Ta refusé, et la révolution allemande a été châtiée par lui. Ceux-là mêmes qu'il a châtiés ont continué d'espérer en lui; un grand parti, répandu dans toute l'Allemagne, lui a demandé de faire l'unité de la patrie allemande : il l'a faite, mais ce parti viei;it de se dissoudre, après avoir subi d'amers déboires. Les représentants de l'Allemagne réunis dans le Reichstag s'efforcent en vain de se faire prendre au sérieux en cette qualité de représentants de l'Allemagne, et il est trop clair que la vocation allemande de la Prusse n'a eu pour effet que de mettre la patrie allemande sous l'hégémonie prussienne.
C'est une grande question que de savoir si l'entente définitive est possible entre l'esprit prussien et l'esprit allemand, produits très différents de deux histoires qui ne se ressemblent pas. Elle se débat sous nos yeux. Subjudice lis est. On n'en pourrait donner tous les éléments que dans une sorte de philosophie des histoires d'Allemagne et de Prusse, que nous entreprendrons peut-être un jour, après l'achèvement de travaux depuis longtemps commencés. C'est une œuvre difficile que d'apprendre une histoire
étrangère. On a beau y mettre la bonne foi, qui est Tenvie de trouver la vérité, et la patience dans les recherches, qui est le moyen de la rencontrer; on a beau aller voir de ses yeux tourbillonner sous le vent les sables du Brandebourg et la Vistule couler aux pieds des vieux châteaux teutoniques : on n'a point vécu de la vie de ce peuple, dont on prétend raconter Thistoire. Les traces profondes que le passé a laissées dans le présent, on ne les voit point du premier coup d*œil à Tétranger. Chacun de nous a dans son âme française un secret instinct qui le guide à travers les temps où il recherche l'histoire de la France, parce que l'âme française a été formée par cette histoire. Si faible que soit la lueur, quand on arrive aux siècles éloignés, elle dissipe l'obscurité : mais une histoire étrangère demeure toujours obscure ;. malgré soi, on la compare sans cesse à celle de son pays ; on ne la connaît point à fond, en elle-même; on l'éclairé par des reflets.
Du moins, nous avons suivi cette règle de ne rien écrire sur l'histoire de la Prusse qui ne fût vrai au jugement de notre conscience. Il ne faut pas chercher dans ces études une parole
haineuse ni un mot injuste. Que ceux qui ont envie de porter la passion et la partialité dans rhistoire de l'Allemagne lisent les élucubrations de certains Allemands, qu'on appelle mangeurs de Français, sur Thistoire de la France ; le spectacle de la grossière ivresse de ces ilotes les dégoûtera pour jamais de l'imitation. L'histoire de la Prusse est d'ailleurs un sujet où nous avons le devoir de ne pas nous tromper : ici l'erreur serait presque un crime. Et, pourquoi ne point admirer ce qui est admirable en Prusse? C'est une belle histoire que celle d'une nationalité factice créée par des princes avec l'aide de bureaux où a travaillé l'administration la plus laborieuse du monde. C'est une belle œuvre que d'avoir formé ce peuple prussien, habitué à l'ordre, à l'économie, à l'obéissance, instrument docile et fort d'un gouvernement qui a su, mieux qu'aucun autre en Allemagne, penser et vouloir. Mais c'est une belle histoire aussi que celle d'une longue vie nationale, animée d'une foule de passions, où l'on sent à travers les fortunes diverses, aux heures de folie et aux heures de raison, aux heures de lassitude et aux heures d'héroïsme, un homme, le Français, à l'esprit mobile, ouvert, généreux, et qui a tant
agi et tant pensé que ses actes et ses idées ont profité à ses ennemis. Dénigrer par envie ou par ressentiment l'histoire de la Prusse, c'est faire outrage à la nôtre.