MEME MAISON, RUE ROGER
INTRODUCTION
INTRODUCTION
a. l’uistoiri; de la statuaire et de la peinture
CHEZ LBS ROMAINS.
EXISTENCE UL> ARTS Ul btSSIN LM ITALIE AVANT LA FONDATION 1>E ROUE.
Les Étrusques doivent être comptés au nombre des peuples qui ont, après les Égyptiens , le plus anciennement cultivé les arts du dessin. 11 ne serait pas probable que la connaissance leur en eut été primitivement transmise par les colonies grecques qui vinrent débarquer sur leurs côtes : l’une, avant l’expédition des Argonautes; l’autre, plus de deux siècles avant la fondation de Rome — [ Av. j. c. 1263 . ] — . Les
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Grecs, d’ailleurs, à ces époques reculées, n’avaient en cette partie aucun système raisonné *.
Quant à la découverte des procédés préparatoires de l’art du statuaire et du peintre, peutêtre ne le durent-ils qu’à leurs propres tàtonnemens. Les premières productions de ce genre furent à peu près semblables chez tous les peuples dont le génie était inculte. Les Etrusques peu à peu se firent une théorie basée, avec assez de discernement, sur l’imitation des formes du corps humain et des divers objets de la nature. Leurs monumens de goût sont très multipliés dans nos musées; il est facile à tout curieux dont l’œil est exercé, de reconnaître, à l’examen de leurs ouvrages en sculpture et en pierres gravées, deux styles de dessin très distincts.
Les figures du premier style ont le corps grêle,
* Winckelmann , de qui nous empruntons la substance de ces notions, attribue seulement aux émigrations successives des Grecs, l'introduction chez les anciens Latins de quelques - uns des caractères de leur écriture, et les rapports qui existent entre les langues de ces deux peuples.
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leurs attitudes sont raides et contraintes (1), l’ovale allongé du visage se termine par un menton pointu. Les cheveux, ajustés en petites boucles, contournent le front et les tempes; l’ensemble de la physionomie est sans grâce et sans expression ; les yeux paraissent aplatis et tirés obliquement en haut , ainsi que les angles de la bouche. « Il existe encore, dit Winckelmann , quelques figurines de ce vieux style qui ressemblent aux statues égyptiennes, par les bras pendans et. joints aux hanches , avec les pieds placés parallèlement l’un près de l’autre *. »
Cette maigreur de formes, au surplus, ces contours sans souplesse, et ces attitudes guindées , appartiennent partout à l’enfance de l’art.
On a lieu de s’étonner que l’imitation , chez les artistes étrusques , ait conservé si longtemps ce caractère insipide et triste; car la nation, libre et puissante, même avant la fondation de Home — t: Av - c - 750 ] — , était en coin-
* Le même caractère d’ignorance et de barbarie, en fait de goût, se remarque dans les très anciennes statues du ciseau grec.
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munication , par son commerce maritime, avec les opulentes monarchies de l’orient. Le génie de ses statuaires ne se développa librement que durant les guerres qu’elle eut à soutenir pour défendre son indépendance contre les projets d'envahissement de la république Romaine.
[Av. j.c. 330.] — Le second style de larl étrusque est caractérisé par la violence des mouvemens , une certaine rudesse d’expression que le sculpteur, ou le peintre, s’est efforcé d’imprimer à ses personnages. On voit qu’il sait les mettre en scène; mais leurs attitudes sont outrées. L’aspect en est moins fier que menaçant; et, par l’indication très ressentie des muscles et des os, les membres du corps paraissent être comme en contraction convulsive. Vainement chercheraiton la beauté dans les figures d’Apollon, de Mars, de Bacchus, d’Hercule, etc. ; ces divinités ne s’y reconnaissent qu’aux attributs mythologiques.
Ce serait s’abuser que de vouloir assigner une troisième période, et conséquemment un dernier style à l’existence de l’art en Étrurie; car après l’incendie de Corinthe, et le sac d’Athènes par l’armée de Sylla, les statuaires et les peintres qui affluèrent en Italie, durent naturellement communiquer leurs principes et leur
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goût particulier aux naturels du pays où ils venaient établir leurs écoles. Or, les Toscans devenant les disciples et les collaborateurs des Grecs, leur manière perfectionnée ne fut réellement que celle de leurs nouveaux maîtres. Il en est de même d’un prétendu style romain que plusieurs antiquaires ont cru discerner dans les sculptures exécutées sous les empereurs.
Nous remarquerons, à cet égard, que si les Romains ont exigé que les statues des grands hommes de leur nation fussent cuirassées ou drapées, tandis que celles des héros grecs étaient ordinairement représentées sans vètemens , cela n’indique point une différence de style : le statuaire seulement se conformait au mode prescrit par l’usage et les mœurs du pays *. Ajoutons que les noms latins gravés sur les ouvrages étrusques ne prouvent point que leurs auteurs aient été des Romains , attendu que les artistes affranchis joignaient à leurs noms propres, mais latinises , ceux des patrons à la générosité desquels ils avaient dù leur affranchissement.
* Grœca res est ni/iil velare, et contra roiuana et milituria thoracas addere. (Puis.)
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Winckelmann prétend encore que plusieurs monumens ornés de sculptures mythologiques , ont été, fort mal à propos, expliqués par des traits relatifs à l’histoire romaine. Cette même erreur a fait regarder comme sortis des ateliers latins bien des antiques grecs, dont la qualité semblait trop médiocre pour qu’on leur supposât une plus glorieuse origine.
Les anciens Toscans , néanmoins , pouvaient à juste titre se vanter d’avoir pratiqué la sculpture et la peinture avec succès en des temps où les Grecs n’avaient que de biens faibles connaissances dans les arts dépendans du dessin. Pline parle d’une statue faite en Italie avant l’arrivée du vieil Évandre vers les rives du Tibre, où il fonda Pallantée *. Il mentionne encore les fresques qui se voyaient à Cœré , l’une des douze villes principales de l’Étrurie; Rome, ajoute-t-il, n’existait pas alors. La fraîcheur que conservaient
* On croit que Rome a été bâtie sur les ruines de cette ancienne ville.
Evandre, Arcadien de naissance, existait un demisiècle environ avant le siège de Troie. Il passait pour fils de Mercure.
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celles du temple de Judod à Ardée *, de même que l’Atalante et l’Hélène de Lanuvium, faisait l’étonnement du savant écrivain (2), quoique ces tableaux se trouvassent dans des édifices qui tombaient de vétusté. Atalante y était figurée sans vêtemens , pour indiquer qu’elle en était plus légère à la course. Hélène, en costume décent, avait un air de candeur et de timidité ; ce qui donne à penser que le peintre avait voulu représenter cette épouse de Ménélas avant sa disparition de Sparte.
Dans le siècle dernier, on a pu découvrir encore, en fouillant le sol de l’ancienne Tarquinie, quelques vestiges de peinture. Ce sont des combats, des scènes de meurtres, des supplices, des visions sinistres, et autres sujets effrayans, traités à fresque sur un enduit épais de mortier. Ces images lugubres couvraient les pilastres, les frises, les voûtes de ses caveaux de sépulture. Les couleurs sont actuellement éteintes et en partie effacées. Il en reste pourtant des
* Cette ancienne ville du Latium, capitale du pays des Rutules, et le séjour du roi Turnus (Æn. 1. vu), est aujourd’hui le village Anlen.
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fragmens que Winckelmann déclare avoir assez nettement aperçus; «nais ce qu’il en dit, ne peut fournir aucun éclaircissement sur leurs qualités pittoresques. 11 i'emarque seulement l’analogie deces compositions avec l’humeur mélancolique et les traditions superstitieuses des naturels de la contrée. Plutarque en donne la même idée, et prétend qu’ils avaient transmis aux Romains, non seulement les cérémonies de leur culte religieux , mais les procédés mystérieux de la science magique des augures, et autres rêveries nées de la peur et du silence des nuits.
L’histoire nous apprend que les prêtres de cette nation parurent à la tête des partisans de Tarquin le Superbe marchant contre ses sujets révoltés , et que leurs mains portaient des torches ai'dentes entortillées de serpens. Cette apparition fit reculer l’armée romaine d’épouvante, et fut plus puissante que l’épée de l’ennemi.
Ce furent encore les luttes sanglantes qui , faisant partie de la pompe des funérailles chez les Etrusques , donnèrent à Rome naissance aux combats des gladiateurs. On remarque la représentation de ces scènes cruelles sur quelques urnes antiques fabriquées dans le pays.
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Winckelmann cite les médailles campaniennes et certains vases d’albâtre comme des raonumens dont le l>ean caractère atteste l’aptitude des colons, naturalisés sur ces parafes , poulies travaux de goût. Il est à propos de rappeler en même temps que, même avant le débarquement des deux premières colonies grecques dont nous avons parlé, les eûtes dites de l’Étrurie se prolongeaient depuis le voisinage «les Alpes jusqu’au détroit de Sicile. Or donc, les poteries désignées généralement sous la fausse qualification de vases étrusques , ne doivent pas être exclusivement attribuées à «les fabricateurs toscans. Les antiquaires qui, les premiers, en ont donné des descriptions, crurent pouvoir assigner la même origine à tous ces vases peints; mais, à l’exception «le ceux où sont tracés «les caractères d 'écriture étrusque , pres«pic tous les autres se classent aujourd'hui parmi les objets curieux «[uele talent grec a manpiésde son empreinte *.
* Les Toscans, avant le temps où leur puissance fléchit sous le joug de la république Romaine, étaient devenus les collaborateurs des artistes grecs établis
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Il en est qui se font apprécier par l’élégance de la forme, et dont les peintures, cependant, sont peu dignes de l’attention des connaisseurs; mais, on a lieu de présumer que, dans les manufactures de second ou troisième ordre, le débit journalier de ces pièces communes ne pouvait être assez lucratif, pour que les chefs de l’établissement employassent des dessinateurs dont le travail méritât un salaire dispendieux. Dans nos magasins de faïences et de porcelaines ne voyons-nous pas des ustensiles de ménage, modelés quelquefois avec assez de goût, bien que l’émail qui recouvre la surface ne présente à l’œil aucun ornement gracieux et soigné.
Les peintures des vases dits étrusques représentent ordinairement des sacrifices, des processions , et autres cérémonies relatives au culte deCérès ou de Bacchus. Les initiés à ces mystères recevaient peut-être , en vertu de leur admission , des présens de cette espèce. On remarque les
en Italie après la prise de Corinthe et l'anéantissement de la ligue Achéenne.
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mêmes sujets fréquemment répétés sur les urnes dont la forme ressemble à celle d’une cloche renversée. La plupart, n’ayant point de fond, n’étaient pas destinés, sans doute, aux besoins de la vie domestique. Ils servaient probablement à la décoration de l’intérieur des maisons. C’est pourquoi les peintures sont bien plus soignées sur la face qui devait être en évidence.
D’autres compositions retracent des scènes familières : les festins, les jeux, les danses des anciens. Quelques sujets héroïques offrent aussi des détails intéressans pour les érudits ; en sorte que ces monumens fragiles ont ouvert, de nos jours, une source abondante d’instruction aux gens de lettres et aux artistes. Les uns y trouvent des éclaircissemens propres à faciliter leurs conjectures en archéologie ; les autres, des modèles de dessin souvent très pur, et toujours d’une belle simplicité. Si l’on en croit même Winckelmann, certains groupes de figures sont si ingénieusement disposés à l’entour de ces vases, que l’imitation n’en paraîtrait pas déplacée dans les chefs-d’œuvre de Raphaël , si cet habile, maître eût voulu en tirer parti. Hâtonsnous pourtant d’émettre, sur cette assertion, un doute qu’autorise l'espèce d’idolâtrie du savant
orraoDüCTioN.
amateur pour les divers monumens de la vénérable antiquité.
Les armes, les costumes, les sièges, les meubles en usage chez les Grecs et les Latins , nettement figurés sur ces poteries précieuses, ont singulièrement perfectionné , par l’imitation que les modernes manufacturiers en ont faite, la fabrication des produits actuels de l’industrie commerciale en ce genre.
De tels modèles ont été préservés de la destruction dans des caveaux que la piété des anciens pour la cendre des morts rendait inaccessibles. On les a recueillis en majeure partie au sein des tombeaux que les liabitans de la Grande-Grèce creusaient, à peu de profondeur, près de l’enceinte de leurs villes. Les sépultures les plus simples étaient construites en brique ou en pierre brute, et n’avaient d’étendue que l’espace nécessaire pour contenir un corps et cinq ou six vases disposés à l’entour *.
* Le tombeau de Porsenna , près de Clusium, se composait, selon la description de Pline, de deux pyramides accouplées , à la pointe desquelles étaient
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D’autres tombeaux , plus grands et bâtis en pierre de taille sans ciment, étaient revêtus de mortier à l’intérieur et ornés de peintures à fresque. Ceux-ci renfermaient les plus beaux vases, suspendus à des clous de bronze ou de fer, contre les murs du caveau. Il y en avait aussi de pareils autour du squelette.
Les Romains connurent probablement ces sortes de vases; mais il ne paraît pas qu’ils en aient fait usage, car on n’en a point trouvé dans les ruines d’Herculanum et de Pompéi.
Les peintures de ceux qui ont été découverts dans les environs de Noie, sont d’un jaune rougeâtre sur un fond noir luisant ; rarement y voit-on d’autres couleurs. La poterie est d’une terre très fine. Les autres vases sont coloriés de la même manière, si ce n’est que le fond noir est mat , et les sujets, assez ordinairement en nuances un peu plus variées. Le genre étrusque, en général , se rapprochait du premier style grec, ou ancien A t tique.
attachées des chaînes d'où pendaient des clochettes. On entendait leur tintement d’assez loin quand l'air les agitait.
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Tels étaient les progrès de l’art en Italie au temps, à peu près , où les consuls de Rome ne descendaient du Capitole que pour retourner aux travaux des champs , s’abriter sous un toit de chaume, et prendre leurs repas dans de la vaisselle de terre (3).
Portons actuellement nos regards sur l’établissement de ce peuple agreste et guerrier, qui, toujours préoccupé des hautes destinées qui lui étaient promises , marcha de conquête en conquête à l’empire du monde , et ne fléchit enfin que sous le poids de sa propre grandeur.
Les figures du premier style étrusque ont le corps grêle , et leurs attitudes sont raides et contraintes, etc.
L’époque où la sculpture prit chez les anciens Toscans un caractère d’école, date de la deuxième migration des colonies grecques qui , deux cent trente-neuf ans avant la fondation de Rome, abordèrent sur les côtes de l’Italie.
L’Étrurie ou la Tirrhénie était alors divisée en douze cantons fédéralisés, et gouvernés, cha-
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cun , par un chef militaire nommé lucumon , lequel était élu annuellement.
Cette sorte de république fédérative et aristocratique se composait de douze villes capitales , savoir : Cœré, Tarquinie, Ruselles, Vétulonie, Volaterres , Arretium , Cortone , Pérouse , Clu-
sium, Volsinie, Falérie, et Véies La plupart
de ces cités antiques existent encore. Quant à celles de Noie et de Capoue , elles ne sont que d’un demi siècle, environ, plus anciennes que Rome.
Les peintures étrusques du temple il’Ardée , de même que l'Atalante et l'Hélène île Lanuviurn , n avaient pas totalement perdu leur éclat dans le premier siècle de l’ère chrétienne , etc.
La voûte du temple de Junon à Aidée avait été peinte par Ludius Hélotas avant l’existence de Rome. Ce Ludius, au rapport de Pline, était originaire d’Etolie ; mais les Grecs , à cet âge , ne possédaient guère que des peintres linéaires. Il est à présumer que celui-ci, dont les païens avaient quitté leur patrie pour s’établir dans
le Latium, y reçut les documens d’un artiste étrusque *.
Un autre Ludius fleurit sous le règne d'Auguste. Il était renommé pour le genre appelé grotesque, employé d’ordinaire à l’ornement; il se composait de figures chimériques, animaux , plantes , paysages , etc.
Au temps ou les consuls de Rome ne descendaient du Capitole que pour retourner aux travaux des champs , les arts n'étaient cultivés , en Italie , que chez les Etrusques , etc.
Les députés samnites , étant venus à Rome pour traiter de la paix avec le sénat , se rendirent dans l’habitation rustique de Curius Dentatus , consul. Ils l’abordèrent au coin de son
* Caligula désirait faire transporter à Home les deux fresques représentant l’Atalante et l’Hélène de Lanuvium; mais l’enduit des vieux murs ne le permit pas.
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foyer , où cuisaient les légumes destinés à sou repas. Les vases d’or qu’ils lui offrirent dans le dessein de se le rendre favorable, ne purent tenter sa vertu : Que J'erais-je de ces richesses , dit-il , en les repoussant? une ecuelle de bois me suffit, : [Av. J. C. 375.]
LIVKE PREMIER.