‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 1 sur 66 · SIÈMB MAISON, HUE ROGER · texte numérisé non relu

SIÈMB MAISON, HUE ROGER

L’Histoire de l’Art, chei les Anciens, par Winkelinan, riche d’érudition et semée de digressions archéologiques, n’est pas toujours à la portée des élèves de nos écoles de dessin , ni de la classe d’amateurs dont l’amhition se borne à décorer un album de quelques flgurines ou paysages en aquarelle, fimits agréables de leurs loisirs (*).

Les notions élémentaires que nous leur présentons ne sauraient être considérées que comme des documents préparatoires à de plus Imutes études.

(') « La science ilistribnée quelquefois hors 'le propos est insoffi- « »an(c [KHir érudits , ou pour ceux qui veulent le devcDir. Elle « est superflue pour Les hoiomes de plaisir et <rimagiDalion, lesquels «i cherchcot des seiualioiis plus vives ci plus variées. *

(ll<paralCTir, août 1835.)

PRÉFACE

Les nombreux musées qui , depuis la cessation du vandalisme révolutionnaire, ont été successivement établis à Paris et dans les principales villes de France, ont tellement ranimé parmi nous la culture des arts, que ce genre d’étude est actuellement regardé , pour les jeunes gens de la haute et moyenne classe de la société , comme le complément de toute éducation soignée.

PRÉFi.CE.

Les restes précieux de la statuaire antique, moulés en plâtre, fournissent à nos écoles de dessin des modèles parfaits. Les élèves s’efforcent à l’envi d’en appliquer le beau style à leurs imitations de la nature

vivante Comment un goût si pur s’est-il

développé dans les seuls ateliers de la Grèce, tandis que l’opulence et la pompe des puissantes monarchies de l’Orient ne donnèrent jamais l’éveil qu’aux inventions d’un luxe à demi Ijarbarei’... La question s’explique naturellement :

Le caractère de l’art , en se dépouillant peu à peu de sa rudesse primitive , dut en même temps recevoir l’empreinte de l’esprit et des mœurs de chaque âge et de chaque nation. Réduit en Égypte à figurer emblématiquement les mystères de la doctrine siicerdotale , à reproduire avec une servile monotonie les formes du corps humain , à

PBEFACE.

les surmonter monstrueusement de différentes têtes d’animaux , tout perfectionnement chez ce peuple superstitieux fut sévèrement interdit à l’émulation des artistes: ils eussent été signalés comme des impies, s’ils se fussent écartés en rien des types consacrés.

Vers les contrées qu’arrosent le Tigre et l’Euphrate , à Babylone , à Ecbatane et à Suze , où la prodigue magnificence des despotes de l’Assyrie, de la Médie et de la Perse , épuisait les sueurs d’une immense population d’esclaves , la somptuosité des monumens publics ne consistait que dans lesornemens bizarres, les métaux, les pierreries, qu’une industrie ruineuse et sans délicatesse y avait lourdement entassés (*).

(*) L'humeur sombre et mélancolique des Etrusques se reconnaît au goût assez généralement acerbe

PREFACE

Mais dans les écoles florissantes de Sieyone, d'Argos et d’Athènes, sons les auspices lie la liberté et d’une relifçioii toute poétique, l’enthousiasnie des beaux-arts

s’éleva jusqu’au sublime Là sans doute,

coiiiine ailleurs, le premier essor des talens fut timide ; mais du moment que le sculpteur osa s’affranchir du joug de la routine égyptienne, et qu’il essaya de communiquer une ajiparenee de vie et de mouvement à la froideur du marbre, son ciseau ne tarda pas à créer des merveilles.

Nous ne possédons aucun ouvrage mari|uant des réformateurs de l’ancien style

<lc letir.s ouvrages tle peinture et i)e sculpture. Si les artistes de cette ancieime peuplade de ITtalie montrèrent de très bonne heure, et même avant les Grecs, du savoir on fait de dessin, et de la délicatesse de main-d’œuvre, ils n eurent pas néanmoins , selon Wiiickelraan , une idée nette de la beauté.

PREFACE

attique; à supposer, toutefois , qu’une statue de Di|x»ne et Scyllis, par exenqde (*), eût été récemment exhumée des décombres de ({uelque temple grec , peut-être y découvririons-nous à travers les stigmates de leur vétusté , les signes précurseurs des prodiges que, deux siècles plus tard , le génie de

Phidias devait enfanter Aujourd’hui

même ne distinguons-nous pas, à l’aspect des bronzes de Donato, de Laurent Ghiberti, malgré la teinte un peu gothique des peintures de Mantègne et de Massaccio, les heureuses inspirations que Michel-Ange et Raphaël ont cru devoir y puiser?

(*)Ces deux anciens statuaires crétois étaient frères et s’établirent à Sicyone, où ils fondèrent une école de dessin, qui se remplit d’élèves. Elle devint de plus en plus célèbre, dans la suite, sous la direction d’Eupompe et de Pamphile. Ce dernier fut maître d’Apelles.

PBÉPÀCB.

Des nuances défectueuses dérobent, parfois, aux yeux de V amateur novice , ces beautés vierges que vainement il croirait apprendre à discerner avec justesse , en visitant fréquemment les musées; pour être initié dans ces mystères , il faut avoir fait une étude raisonnée de l’origine et des progrès du goût dès les temps reculés.

Il existe malheureusement bien des lacunes dans les traditions que les écrits de Pline, de Pausanias, et autres auteurs anciens , nous ont conservées sur cet objet spécial de nos recherches. On y trouve, à la vérité , les noms des maîtres les plus célèbres, la description de quelques-uns de leurs chefs-d’œuvre, des anecdotes relatives à leurs succès et aux circonstances de leur vie privée; mais, pour réunir ces notices en un récit dont l’intérêt continu servît à les classer avec ordre dans la mémoire

PKÉVÀCB.

des jeunes artistes, il faudrait en renouer le fil aux principales époques de l’existence politique et morale des peuples de l’antiquité. Tel est, en effet, le plan que nous nous sommes proposé de suivre en ébauchant cet ouvrage.

Considérée sous un tel point de vue , l’histoire de l’art se lie à celle de l’esprit humain et des révolutions qui ont changé la face des empires. C’est ce qu’on aura lieu de remarquer dans le tableau des différens âges de la statuaire et de la peinture, au sein des tumultueuses cités de la Grèce , et plus particulièrement dans Athènes, où se perfectionnèrent tous les talens qui charment nos loisirs , et nous consolent dans nos peines.

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