‹ Etudes sur l'histoire des arts, ou Tableau des progres et de la decadence de la statuaire et de la peinture antiques au seinChapitre 18 sur 66 · LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER

L’art du statuaire , dans les ateliers de ces anciens maîtres, consacré presque exclusivement à la fabrication des idoles, ne s’élail point encore écarté de la manière égyptienne ; mais il s’ouvrit une route plus large , quand la pompe des cours s’introduisit au sein des républiques delà (Jrèce. Le peuple , alors, séduit par les bienfaits et l’afTabilité des maîtres qu’il s’était donnés , s’empressa d’ériger en leur bonneur des monumens de toute espèce.

La plupart de ces favoris d’une multitude inquiète , qui toujours espère améliorer son sort par des révolutions , se montrèrent , en effet , dignes d’occuper le poste éminent qu’ils avaient usurpé : Polycrate îi Samos , Pitlacus couronné dans .Mitbylène , Périandre fils et successeur de Cypsélus à Corintbe, Pisistrate , enfin, dont l’éloquence et les largesses façonnèrent au joug les pétulans Atbéniens , n’usèrent de la toutepuissance que pour mettre fin aux discordes

publique de Corinthe, vit son effigie eolossnle décorer la place principale de la ville. Elle était dorée

Le nom de tyran n’était point alors un titre injurieux , mais en quelque sorte honorable.

civiles, et polir les mœurs de leurs concitoyens. Ils appelaient près d’eux les gens de lettres , que u’efTarouchait point le faste de la royauté. Anacréon , chantre de Bacchiis et des Grâces ; Simonides, non moins intéressant parla douceur de ses accens plaintifs, sévirent combler d’honneurs et de présens à la cour de ces princes : car, beaux-esprits et savans .sans rudesse , ils savaient, à la fois, amuser, instruire, et distribuer finement la louange.

[Vt. j. c. 580 .] — Les statuaires Dipœne et Scyllis quittèrent aussi l’ile de Crète pour s’établir à Sycione, où régnait l’opulent Clyslbène *. Sous les auspices de ce protecteur éclairé (14) des talens , ils fondèrent dans la résidence qu’ils s’é-

* Pline, en mentionnant Dipœnus et Scyllis, n’a pas voulu faire entendre par ces mots primi omnium, marmore sculpendo, inclariiere, qu’ils avaient été les premiers sculpteurs en marbre; car ce même auteur a désigné comme tel Malas de Chio, père de Mic ciade, aïeul d'Antherme, et bisaïeul de Bupalus et d’Athénis.

Ce Malas, chef de quatre générations de statuaires, florissait près d'un siècle avant l’arrivée de Dipoenus et de Scyllis à Sicyone.

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