I.IVHE TROISl^.ME
lui rendait faciles, et qui savait se servir à propos de l’or, du fer, des caresses ou de la patience.
Avant même de monter sur le trône de Macédoine , Pliilippe avait conçu peut-être le dessein de s’immiscer, un jour, dans les intérêts politiques des peuples au milieu desquels il avait
passé sa jeunesse en otage Condisciple d’É-
paminondas cliez les Tliébains , s’il conserva , depuis, le souvenir des vertus dont il avait été témoin dans la famille de ce grand homme, ce ne fut que pour en emprunter l’apparence, et, comme chef, colorer son front, parfois sévère, d’un fard de justice ou de générosité *.
Ayant été choisi pour arbitre dans les démê-
* Philippe avait parcouru de bonne heure le.s principales cités de la Grèce, et y avait étudié le caractère, les dispositions et les principes polititjues de la niasse éclairée des liabitans. 11 crut apercevoir que,
sans s'en douter, tous attendaient un maître
Lorsque les Tliébains l'appelèrent à leur aide pour achever de punir les Phocéens, profanateurs du temple de Delphes, il profita de l’entrée du pavs pour l’accomplissement du dessein qu’il avait formé dy étendre sa puissance.
lés de quelques cantons de son voisinage, il s’était concilié particulièrement la reconnais- .sance des Tliessaliens en cliassant de Pliérès le
tyran Lycopliron Des ofires de service, ses
largesses, des manières engageantes, et son éloquence naturelle, lui avaient, d’avance, gagné des amis nombreux chez les Grecs ; et quand la voix tonnante de Démostliène, au Piiyx, anachait, pour quelques instans, les Athéniens à leur insouciance , la plupart de ces indolens réjniblicains auraient échangé sans r^ret leur indépendance orageuse cou tre la protection d’un .souverain amis des arLs, d’un naturel alTable, bon convive surtout , et qui , de la cour de Macédoine , avait fait un séjour de délices
près avoir, comme nous l’avons remarqué, soumis les Grecs avant la Grèce, Philippe assura ce triomphe par une action décisive, et les plaines defdiéronée furent le théâtre où s’opéra le dénoùment du drame extraordinaire dont il avait habilement ourdi l’intrigue, distribué les rôles, et dans lequel il soutint jusqu’au bout le personnage de héros — J- f'- sm. ].
I^)in d’abuser de sa victoire, ce profond politif|ue se contenta d’exercer quelques actes de .sévérité , seiilenient à l’égard des Thébains ; mais