LIVRE TROISIÈME
Ijï's ri-jnibliques , d’autre part > prisaient l’avantage de son alliance, et, soit par crainte de la perdre, soit par cupidité, celle d’.\tliènes faisait avec .\rtaxerce un trafic scandaleux de ses généraux , de ses soldats et matelots ; car tout cédait à l’appât de l’or dans cette ville , oii l’esprit public ne semblait exister encore que parce que les corypliées de la multitude en discouraient sans cesse ; mais tandis que celte règle dcsiiianirs, puisée dans les préceptes des anciens sages , était rastucusement invoipiéc à la tribune , l’égoïsme et la mollesse des riebes <-itovens en ilémenlaient les maximes.
l<cs orateurs le plus oixlinaireiHent applaudis se vendaient, en secret, à riioininc puissant tpii payait leurs services; et, s’il est prouvé <pic i
Pbilocrate , Esctiine , d’autres encore , étaient aux gages de Philippe , il est à présumer aussi que Démostliènes lui-méme ne repoussait pis les présens des Perses ( 9).
Le seul Pbocion , au milieu d’un peuple aussi jaloux de sa liberté que facile à séduii'e, aussi vain qu’immoral, conservait les austères vertus du vieux temps et donnait l’exemple d’un civisme désintére.ssé. Soldat plein «le bi'avoure , capitaine expérimenté et liomnie d’état tout en-
.semble, heureux les Athéniens, s'ils eussent confié sans interruption à sa rare prudence le soin de veiller à leurs destinées ! Mais l’heure était venue où les républiques de la Grèce devaient fléchir sous l’ascendant d’un roi de Macédoine <jni , voyant leurs querelles renaître , sut , au profit de sa politique , se faire agréer , de part et d’autre , comme médiateur officieux , et tantôt comme auxiliaire, avant de déposer le masque dont il lui fallut d’abord se couvrir pour ne pas être deviné.
L’intérêt privé, source de défiances et de jalousies , avait peu à peu rongé les liens naturels qui, jadis, de plusieurs peuples, ne faisaient qu’un seul corps, dont la résistance au jour d’un danger commun pourrait être invincible.
Trop tard , les Théhains ouvrirent les yeux sur les manœuvres d’un monarque jusqu’alors peu redouté; trop tard le peuple d’Athènes lépondit aux brûlantes exhortations de Démosthènes ; trop tard, enfin, ces républiques formèrent une ligue pour repousser le joug dont la nation était menacée : les Grecs n’étaient plus en mesure contre les entreprises ambitieuses d’un prince rpii , toujours maître de son secret , disposait sans contradiction des moyens que la fortune