PREFACE DU TRADUCTEUR
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Nous achevions de corriger les pages de ce volume, lorsque nous avons eu la tristesse d'apprendre la mort de leur auteur. Nou3 espérions les présenter au public , non seulement comme la suite nécessaire de ses ouvrages précédents,, mais,comme la préface obligée de ses prochains travaux. Les circonstances, trompant notre espoir, ont brusquement transformé ce livre en un recueil de Reliquiœ. Il ne nous appartient pas d'exprimer les regrets des vrais savants devant la disparition subite de ce brillant esprit. Peut-être, cependant, nous sera-t-il permis de dire que l'on sentira profondément sa perte en lisant certaines pages de ce volume, où, dès ses débuts littéraires, il exposait, su rie Droit international, des vues personnelles qu'il s'occupait de développer , après trente ans de méditations, au moment même où la mort l'a surpris. De sa maturité de réflexion , nous devions attendre une abondante et fructueuse récolte d'enseignements. Et la suspension de son œuvre , alors
II PHÉFACE DU TRADUCTECR.
qu'il en entrevoyait déjà le couronnement, ne peut manquer d'être une vive déception pour ses nombreux admirateurs , comme pour tous les esprits curieux de la vérité (1).
Nous ne voulons pas rappeler ici, même à grands traits, la vie de Sir Henry Maine. Au lendemain de son décès, les journaux et les publications spéciales en ont offert une esquisse suffisante; et, d'autre part, l'heure n'est pas encore venue d'écrire plus au long sa biographie (2). — Nous ne voulons qu'aider, s'il se peut, par quelques détails complémentaires ou par quelques réflexions accessoires, à dégager l'intérêt général, permanent, des Etudes que le hasard nous a fait réunir dans ce volume.
Leur lien d'ensemble apparaît aisément par l'intermédiaire des volumes antérieurs. Sir Henry
(1) De ses dernières recherches préparatoires, il ne reste que le souvenir d'une première et unique série de leçons à l'Université de Cambridge, dont le résumé va pai'aître prochainement à la librairie Murray, sous le titre de Wheivell Lectures on International Laiv.
(î) Pour l'appréciation générale de l'œuvre et de l'écrivain , voir le Times du 6 février, le Journal des Economistes de mars, la Revue généi-ale du Droit d'avril, et la Revue historique de mai 1888. — Nous reproduisons plus loin, avec l'autorisation de l'auteur, Sir Alfred Lyall, et du directeur, M. Frederick Pollock, une note parue dans la Law Quarlerly Review d'avril, sur le rôle de Sir Henry Maine dans l'Inde, et sur l'esprit qui l'y animait dans ses recherches scientifiques aussi bien que dans la décharge de ses fonctions officielles.