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béiens ^ ; le choix de quelques chefis étrangers y qui annonce une défiance ou une animosîté singulière contre les magistrats nationaux^; la fidélité gardée à Rome par quelques-*uns des principaux habitants des villes rebelles ^ ; enfin la répugnance des Lucumons étrusques à entrer dans la ligue/ et la révolte désespérée de leurs paysans, qui y pour être tardive, n'en eut pas moins pour cause directe l'exemple des provinces du sud ^
Rome allant cesser d'être la capitale de l'Italie j il fallait installer le sénat italien dans un cratre d'où il pût surveiller la vaste entreprise qui se préparait. On choisit Gorfinium , métropole des Péligniens , soit en raison de sa position forte et de ses remparts réputés imprenables, soit encore parce que, d'après des traditions qui se conservaient parmi les peuples de race sabellique, elle avait joué un rôle important dans leur histoire ; enfin , une dernière considération, peut-être plus puissante que toutes les autres, dut être sa position & peu près centrale entre tous les peuples confédérés. Elle reçut le nom à'Jtalia
* App. Civ. 1,42.
2 Diod. Sic. XXXVn, 612. — Orog. V. 18, p. 236.
* Vell. Pat. II, 16. —Minucius Mag%^i Decii Magii
nqfoi Campanorum principis.
* App. Civ. h passim.
OU de Viieliu ^, qui indiquait sa destination nouirelle. Papius Mutilus et Pompœdius se partagèrent les forces de la ligue; sous leurs ordres chaque peuple, chaque cité élut ses chefs; de toutes parts on rassemblait des armes, on prenait en secret le serment des soldats.
Malgré le mystère dont les confédérés s'efforçaient d'entourer leurs préparatifs, il était impossible de les dérober entièrement à Tobseryation des magistrats romains. L'échange des otages entre les différentes nations n'avait pu manquer surtout d'éveiller des soupçons, à une époque où les voyages étaient rares et les communications difficiles, ^ant que les chefs des conjurés eussent achevé de mûrir leurs plans, une découverte fortuite amena une explosion partielle, et dès lors il fallut lever le masque et tenter la force ouverte, puisqu'il n'y avait plas désormais d'espérance de prendre les Romains au dépourvu.
Le sénat, inquiet des rumeurs vagues qui annon-
^ Viteliu est le nom de Tltalie dans la langue osque, que parlaient les Samnites et quelques-uns de leurs confédérés. Yelleius Paterculus II, 16, appelle Italicutn la capitale des insurgés. La leçon Italia m'a paru préférable parce qu'elle se trbuve sur les médailles de la guerre sociale qui portent des légendes latines.
lit BiSAI
çaidnt dans toute l'Italie une agitation extraordi«naire, avait envoyé, sous différents prétextes, un grand nombre d'agents dans toutes les villes alliées, afin d examiner 1 état des choses et de sonder la dis* position des esprits. Pour cette enquête il avait eu soin de choisir des sénateurs, patrons de villes italiotes» ou qui en connaissaient les principaux habitants. Un de ces commissaires reconnut dans une ville marse ou samnite le fils d un riche citoyen d*Asculum, métropole des Picentes, Ses parents n'étaient point auprès de lui, et il semblait remis à la garde d'une famille étrangère. Il n'en fallut pas davantage ^ur lui révéler l'existence d'un complot auquel les Asculans et peut-être tous les Picentes prenaient part. Fort ému de sa découverte, il sehâia d'en donner avis au proconsul Q. Servilius *. Celuici-accoutumé à tout faire trembler devant son seul regard , accourut à Âsculum avec M. Fonteius, son
^ Appien avance que lltalle était divisée alors en provinces proconsuiaires ; ce fait n'est point encore suffisamment établi. Il serait possible qu' Appien eût confondu les époques en attribuant le pouvoir proconsulaire aux magistrats romains employés en Italie. On verra qu'après l'explosion de la guerre sociale , le sénat donna cette autorité à tous les généraux commandant des corps d'armée. Cfr. App. Civ. I, 38.
lé^t , sans autre esoorte que ses licteurs et son cortège ordinaire de clients. Dans ce moment on célé^ brait dans Âsculum une fête nationale , et tous les habitants étaient réunis dans le théâtre. Servilius fit interrompre les jeux , faire silence , et harangua la multitude. Déjà il taxait de perfidie les Asculans et les menaçait des vengeances de Rome , lorsque des huées et des clameurs séditieuses lui apprirent que le temps de la soumission était passé, et que ses faisceaux avaient cessé d'inspirer la terreur. Le peuple se jetant sur le malheureux proconsul et sur son légat, les mit en pièces ; puis, animé par ce premier meurtre, il se répandit dans les rues, massacrant tous les Romains que des fonctions publiques ou des affaires privées avaient conduits dans Asculum ^
L'insurrection des Picentes eut le caractère d'une révolte d'esclaves. On fit main basse nonnseulement sur les Romains, mais encore sûr ceux des habitants qui passaient pour attachés à la république. D'affreux supplices témoignaient de la foreur populaire : elle n'épargna pas même les femmes. Plusieurs de ces malheureuses qui appartenaient à des familles hostiles à la ligue, eurent les cheveux arrachés avec la peau de la tête *.
* App. Civ. I, 38.
* Dio. Cas8. frag. CXm. ~ L*idéa de cette horrible
/ Ikk ESSAI
Les insurgés n'avaient point de chefs , car en ce moment C. Judacilius, leur préteur désigné par la ligue y parcourait TApulie pour y recruter des partisans ^ Dans les prisons d'Asculum se trouvait par hasard un Cilicien nommé Agamemnon , capitaine de pirates, arrêté par les flottes romaines et livré aux Picentes, sans doute parce qu'il avait commis des déprédations sur leurs côtes. Il suffisait qu'il eût été pris par les Romains pour que les révoltés le regardassent comme un ami. C était un homme brave et audacieux , accoutumé dès son enfance à la guerre de partisans. Us le nommèrent leur chef ^, et, sous sa conduite , ils se répandirent dans les environs, et commencèrent à piller et à saccager les terres du domaine de la république.
Les chefs des confédérés , éloignés pour la plupart, ainsi que Judacilius, de leur centre d'influence, n'apprirent pas la révolte d'Asculum avec moins de surprise que les Romains eux-mêmes. Mais l'alarme donnée, un seul parti leur restait, c'était de répandre partout la flamme qui venait de s'allumer. De
cruauté, qui n'était point dans les mœurs italiennes, fut peut-être inspirée aux Picentes' par le voisinage des Gaulois, qui scalpaient ainsi leurs ennemis.
* App. Civ. I, W.
2 Diod. Sic. XXXVII, 612. — Oros. V, 18,
viUe en ville' rinsurrection se propagea avec une rapidité sans ^ftle. Partout se levèrent comme par eaehaiiitf^Eent des !)aades nombreuses, d'abord mal années et sans discipline, mais qui reçurent bientôt ^ne 6]^nisation régulière, et formèrent des légions redoutables. Chacun des cbefe nommés par la ligue prit le commandement des levées en masse de là province où la. révolte le surprit. Partout leur jautorité était reconnue, et autour d eux se ralliaimt des'sdidals pleins d'enthoueiamne, disposés à les suivre en tous lieux, pourvu qu'ils les menassent ecmtre les Romains* £n Apulie , Judacilius fait soulever Canusium, Venusia et d'autres villes moins imporr UBtes ^ ; dans la Can^ioiie^ Maxtus Egmtius surprend Yenafrum ^, place fortifiée, à la faveur des intelligences qu'il avait avec les habitants , et passe au ûl de Tépée la garnison , composée de deux cohortes romaines ; dans le Samnium , un préteur marse, P. Vettius Scaton% tombeàFimprovistesur le consul Sax. JuliusCfiasar % qui , au premier bruit
' App. Civ. h 41.
» Id,ibid..
'Cicéron Tappcdle Mart^n^n du^. PhiL XII»11. — ^Uestévideat que c'est le môme chef que YeUeius Paterculus nomme Insteius Caton ; Appien , Caton Yettius, et Sén^e» T. Yettiu9.
^ Je place cet engagement vers la firi du consulat de L.
lit BSIAI
do riasiuTeotkm^ arait i»8seniUé quelques trou^ et 86 portait k maroheB foroées au secours de Ite eo^ lûuîe romaine d' Aesernia , contre laquelle A pré» ToyMt avee raison qu'allait se diriger le prraiier effort de» Samnites» Scaton lui tua deux mille hom«mes , et ^ Tayaut oonttaîât à uue retraite préoipitée^ investit Aesenia ^
£n mâme temps Papius Mutilus, avec le ^os de i'avmée samnite, se jetait dans la Campauie» s'em^ parait de Stabieë, de Liternum, deSaleme, de Nola. La garnison de cette dernière ville se défendit quelques jours dans la citadelle ^ mais, gagnée par le Sainnite^ elle livra ses che& et passa sous les dra*peaux du yainqneuir^ ce^fui donne lieu de croire
Marcius Philippuseide Sex. Jalius Cse9ar ; car, outre qu'Appien le mentionne immédiatement après la révolte d'Ascalum , il est naturel de supposer que le pretnier effort des Samnitès dût de porter ôontreleâ Komains d'Aesernia établis t*ar leur territoire. Appîën 'acôtifondu, daM le cours de sôh récita les deua: consiili Soitttts M LnciasCœdar. Le premier, que je suppose battu par Vettius Scaton , déposa le consulat aux calendes de janvier, Tan de Rome 661 , époque où le second entra en charge. Ce jour répond au 12 hovembre de Tannée Jultenae. V. TArt de vérifier tes dates. D paraît donc que rinsurreetion éolata dans Tautomne de Tan de Rome 663, •1 arant J. G.
* App. (kv. I, H.
SUR LA 6U9M9 SOCIALE. tV(
qu'aile se compostât ea minorité cle $oldate itoUotes ou étrangers. Les dtQyeiu» des viUe$ conquises , lesf prisoimiersy lea esdiLye» luâme des lUmMosi ^ gro^ sissiient Farmée samnite* Mutilus menaçant desao* Gager les villes de la Campauie qui ne lui enverraient pas leurs Qontin^enta, les obligea de lui fournir en peu de jours jusqu'à di^ mille hommes de pied et mille chevaux '. Enfin , en Lucanie rinsurrection obtenait un égal svcoè^* Les peuple de ce pays se soulevaient à la voix de leur cQmputriot^ M. Lam*^ ponius, hrûlaicmt les cantonnements des Homains^^ et forçaient leur chef M. Licinius Ct^^sus à s'enfeiv mer dans Grumentum » aprè$ un cpmbat dans lequel il perdit huit cents de ses soldats ^«
Dans la première fureur de la révolte» les Italio<tes, surtout les Samnites et les Ficentes^ se mour trèrent impitoyables. Tous les sénateurs , tous les riches propriétaires romains qui tombèrent en leur puissance furent indistinctement mftss^crés , quelques-uns dans d'horribles supplices. FapiusMutilus
^ App. Civ. ly b2. — Cette conduite, aDa]ggui9,|L celle des Asculaag» fournit a^e nouvelle pr^ve 4u caractère émi- , nemment démocratique de riosurrection italienne*
* App. ibid.
^Front. 5ïraMI,4., 16.
* App. Civ. I, M.
148 BSSAI
fit mourir de faim les officiers de la garnison de Nola *. Judacilias fat aussi cruel pour ses prisonniers en ApuKe ^ ; les Marses au contraire montrèrent de la générosité dans leurs succès^. Partout cependant on égorgea les magistrats romains qui ne 96 hâtèrent pas de se dérober par la faite à la vengeance populaire. Un petit nombre évita la mort , quelques-uns sauvés par des femmes ou par leurs hôtes italiens^. Quant aux soldats étrangers, et même aux plébéiens de Rome , on les contraignait d'entrer dans les rangs des insurgés, qui affec*^ taient de ne faire la guerre qu'au sénat, c'est-à-dire à la caste privilégiée à laquelle appartenaient tous les honneurs ^ Pourtant , aussitôt après leur prise d'armes , les confédérés essayèrent de traiter avec Rome. Ils envoyèrent des ambassadeurs offrant la paix, à condition que le droit de cité romaine leur serait accordé ; mais le sénat, toujours grand devant l'ennemi , refasa de les recevoir, et déclara qu'il
* App. Civ. I, 42.
* Id. ibid. *3.
' Cela semble résulter des termes mêmes du récit de Cicëron racontant l'entrevue de Sex. Pompée et de^Yettius Scaton. Médiocre etiam odium. Phil. XII, 11.-
' Liv. Epit. lib. LXXII.
•App. Ctt?. I, 43.
n'examinerait leurs griefs que lorsqu'ils auraient mis bas les armes ^
Vers la fin de Tannée 663 ^, le Picenum, toute la confédération des nations sabelliques sous l'in* fluence immédiate des Marses, toute la Lucanie, une grande partie des districts de la Gampanie et de l'ÀpuIie , enfin tout le Samnium et même plusieurs villes ou colonies latines avaient pris les armes et adhéraient à la ligue italienne. Au milieu des populations insurgées, quelques colonies et même quelques cités alliées demeuraient fidèles et résîs*taient à la tempête. Finna, dans le pays des Vestins, après s'être défendue quelque temps avec courage, fut prise d'assaut et impitoyablement sac*^ gée^. Firmum, ville des Ficentes, bravait les efforts . des insurgés à la faveur de ses excellentes fortification^'^. Aesemia résistait à Yettius Scaton, Gru«mentum àLampoûius^ Acerrœ dans la Campanie, à la principale armée des Samnites. Les alliés en voulaient surtout aux colonies romaines établies sur , leur territoire; et quoique mal pourvus du matérid nécessaire pour des sièges, ils s opiniâtraient à
» App. Civ, I, 39.
' Automne de Fan de J.-C. 91.
' » Didd. Sic. XXXVU» 612.
* App. Civ* If VI
ISO ESSAI
Tattaque de villes bien fortifiées , au lieu de se diriger de concert contre Rome. Mais chaque peuplfe avait une injure particulière è venger ; et il haïssait plus encore que les Romains du Capitole, ces colons qtii l'avaient dépouillé de ses terres, et lui faisaient éprouver chaque jour des outrages nouveaux. Cette faute des confédérés donna le temps à )a république de se remettre de sa surprise, de rassembler ses troupes et d'appeler de nombreux auxiliaires.
Le courage du peuple romain ne rabandonna pas dans ces difficiles circonstances. Chaque citoyen quitta la toge pour prendre le sagum, côminè daiis les nécessités les plus pressantes. Le justitium fut prononeé, et toute affaire civile cessa en présence des préparatifs militaires. Après avoir mis la ville en état de défense, et réuni les légions, les deut nouveaux ooiisuls L. lulius Cœsaret P. Rutilius Lupus, tevétus par le sénat de pouvoirs extraordinaires , sortirent de Rome après s'être partagé l'Italie et les opérations de cette guerre. En raison du grand nombre dé poii^ts menacés, il fallut diviser les troupes en Qorps détadbés et leur donner des chefe investis d'une autorité suffisante pour çigir au besoin sans attendre les Qinlr^s das copwk* A chacun de ces magistrats on adjoigne doue cinq légits ayant les pouvoirs proconsulaires. Rutifiûs dtEft s'iupposer
SUR LA GOrSRRfi SOCIALE. 151
aui Marseset aux Piceintes avec ses légats : c'étaient C. Maniis son parent, le yainquenr des Cimbues, qui passait pcmr le plus habile général de ce temps; Gn. Pompéius Strabon, ie père àa grand Pompée, Q. Cœpibn, €. Perperaa et Vdérins Messala. Contre les ^amnites et les Lucaniens, L. Cœsar dirigeait einq eqrps^ d'arquée commandés par P. Lentutus , son frère wtérîn^ T. Didius, Licinins Crassus, si malheureitti; en Lncanôe^ M« SlarceUns, enfin L. Gomélius 8yUtt, q«e nons ve#rona bient6t eieeroer ime înflneaBM extraordinaire snr les deistinéei^ de l'ItaUe eti sur cdles de tout le monde romain ^.
Ci $'m lallait de be&w/eoiipy au reste, que èhabnil d0 çes.généraui: €iut un oopps, d' aitatée^eo état d'agir immédi9|eioeii^. Au m^ RiMiliw, Marioa et Per^» pmna opéraioitli contre Im Marspa, le prànibr diri^ gi^nt le corps .(la < gnuch^ et Pei^^aii«} la dNâte^ ft4 Çwpiw, Çp^ :Jîo«ipé^ et Valiéwij? deiniearàiQiit eQ,^i«cp]^^li^Q,.(^^é^>{«K)bab)0 dïorgaoiaer une réserve. Quant à L. Cœsar, il pariât' qii'iltef* JW^ Y^^ ^t tiiQU^ répiSMâ fioiiSiSpni ccwmàntlefA^împ^iédiat^ 4w».F6sp*¥^d& Irapper ûA ^ramd ciwp ftnriQwïWfli^ Plw48îdy*Miil^t, L- Sj^ldy
^^<yaiM%iflk^^de*fi6la*i fflXHr^^^^^^-
entra en campagHe avec un corps séparé, menaçant à la fois les Marses et les Samnites, et maaoBttvraat de manière à maintenir les communications entre larmée du nord et celle du midi.
Outre les troupes nationales » les consuls avaient encore sous leurs ordres les contingents de presque tout le Latium> et ceux même de quelquies peuples italiens demeurés fidèles , au nombre desquek on cite les Hirjâns^ qui, cependant, étaient de race sabellique et dans toutes les guerres précédentes avaient fait cause commune avec les Stmnites. Ebn fin y unie grande quantité d'étrangers arrivaient de toutes les parties du monde au secours decette Rome si puissante au d^Ors, au dedans si menacée. L'Afrique envoyait une nombreuse cavalerie numide ; la Gaule cisalpine , dix mille auxiliaires levés en quelques jours dans cette belliqueuse province par Q. Sertorius ^, qui dirigeait en même temps sur les armées romaines un matériel et des approvisionne-ments immenses. '
L'hiver se passa dans ces préparatifs. Au printemps , les troupes de la république se déployaient au pied des Apennins. Rome occupant à pi3u prèis
* Vell. Paterc. II, 16. — Dans la campagne suivante, les Hirpins se joignirent a^xJSamnite&oii fimnt env^t^ p^^ ^ Plut. Sert. A-. D était questeur dançdH Qaiiile 49al^ii>e.
le centre de leur ligne d'opérations, elles recevaient facilement les recrues, les approvisionnements et les ordres du gouvernement central. Quant aux déta* ch^DQuente isolés dans les provinces insurgées, la plupart pouvaient être ravitaillés par les flottes ro-« mainet^. Pour les alliés, au contraire, les communia cations étaient plus di£Glciles; car, entre les deux points exfa*êmes de la confédération, le Ficenum et la Lttcanie, elles n'avaient lieu qu'au travers des montagnes, souvent avec des peines et des dangers infinis. Il en résultait pour les généraux de la ligue la presque, impossibilité de combiner leurs opérations , tandis que les Romains , concentrés et appuyés aux places fortes du Latium, pouvaient rapidement se porter en masse sur les points les plus faibles de la ligne ennemie. De chaque côté^ plus de cent mille hommes allaient se disputer ce vaste champ de bataille. I^our les deux armées, mêmes armes, même tactique, et aussi même courage. U parait que les Italiotes n'avaient qu'une faible cavalerie, tandis que celle des Romains était nombreuse ; mais depuis longtemps ce service était presque exclusivement abandonné à des auxiliaires , en général numides ou gaulois ^ L'infanterie légère
^ Il n'est plu» giièie question de osvaUeES.nmiaiJis, à pta»
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aussi ne se composait que d'étranger^, parmi lesquels les archers crétois et les frondeurs baléaiies avaient acquis une réputation méritée. Enfin, les Romains avaient des flottes, et disposaient d'un matériel considérable. Les confédérés, au contraire, manquaient de vaisseaux, ainsi que de machinés de guefre et d'ingénieurs pour les sièges. Ayant échoué dans leurs premières attaques par surprises, ilé n'avaient pour réduire les villes occupées par des garnisons ennemies, d'autre moyen que de les affamer.
Les premières opérations devaient avoir là plus grande influence sur les résultats de cette guerre. En efiet, les succès des Romains devaient retenir dans Tobéissance toutes les villes g[ui ne s^ètaîent point encore déclarées pour la ligue, leurs revers pouvaient être suivis d'un soulèvement général, qui s'étendrait même aux provinces tributaires. La Gaulé cisalpine inspirait particulièrement de vives inquiétudes. La fidélité dés auxiliaires envoyés par Serto-
fartoraisi^de c^xfi%ai^ df na le^ ^içm^ de, IdL v^^xibÙRpj^ depuis rorg^nisatioii q^'Q^QS.reçureIlt de Marijjis. Du, temps de Cés^r , il n'y ^vait,plup de cavaliers attachés aux^légions. tour avoir une escorte de cavaliers sûrs , César fui obligé cîe faire monter des fantassins de la dixième légion sur les che-
rius était douteuse ; et il parait que pour les éloigner davantage de leur pays, on avait jugé à propos de les diriger sur Farmée de L. Cœsar.