‹ Études sur l'histoire romainoChapitre 30 sur 36 · S- XX · texte numérisé non relu

S- XX

Kome était soamîse j le sénat et le peuple ne rivalisaient plus que de docilité ; Fltalie tremblait an seul nom du dictateur ; tous ses ennemis araiènft succombé, ou se cachaient parmi des peuplades barbares presque inconnues aux Romains. Maintenant les vingt-quatre haches, qui toujours Tentouraient *, se reposaient oisives. Il n'avait plus une résistance, plus une contradiction à punir. Pendant trois ans, avec une activité sans égale, Sylla avait disposé le présent et réglé l'avenir ; tout lui avait réussi ; 9 venait de poser la dernière pierre de son gigantesque édifice. Maintenant, le conserver, le surv^Ber, le garantir contre des mines secrètes, c'était une

* Gfr. A. Geîl. H, 24, 11. — TBacrob. Sat. TI, 13. — Pigh. Ànn. Rom, T. III, p. 26(i^.

2 Plut. SuH. 35.

8 App. Civ. 1, 100.

tâcfa^Hrop mesqfHme ponr simi orgneil. D lui lallftà de grands obstacles pour lui donner de Ténei^ie. C'était Qj9BeK pour sa gloire â avoir prouvé que vouloir et faire était pour lui même ehose. Peut-^ôbrç, avivés avoir été élevé si haut par la fortune, ne vmlot^îl pas re^er plus longtemps enisren pouvoir. "Sa* tàakk d'avoir vam(m la tempiéfe, et résolu de ne plus s'y lanoer de nouveau, Sytla déposa tout à 001^ la dictature sans avoir pris conseil de personne* Api/ès une vie r^nplie d'étonnantes actions comme WBit été la sienne , abdi({aer était la seule grande (dioae qui lai restât à faire.

OVfuets d'étonnement, les Romains le virent c(m^ gédier ses licteurs, déposer les insignes de sa di» gnité, et se promener sur le forum au milieu de la foule, sans crainte et sans remords, lui qui avait égorgé et dépouillé tant de milliers d'hommes. Dans cette ville, où il n'y avait pas une famille qu'il n'eût privée d'un de ses memljres, il ne se trouva qu'un enfant du peuple, qui, représentant, sans le savoir, de la génération qui s'élevait, le poursuivit de ses injures et de ses menaces. Sylla parut s'amuser de cette colère bruyante, mais, sur le seuil de sa porte, il s'arrêta pensif, et dit à ses amis : « Cet enfant sera cause que si jamais un autre homme parvient au poste que j'ai occupé, il ne le quittera

pas comme .moi.» Ces paroles furent prophétie ques.

Au reste, Sylla s'aperçut bientôt que si sa personne était en sûreté, la réforme qu'il avait fondée serait détruite par ceux-là même qui lavaient aidé à l'établir. Il vit, aux comices consulaires qui suivirent son abdication. Pompée, son élève chéri, favoriser l'élection de M^. ^milius Lepidus, qui passait pour attaché au parti contraire. Mais il ne chercha pas à ressaisir le pouvoir. U abrégea ses jours par la débauche, car les Romains ne connaissaient d'autre emploi de la vie que de commander aux hommes, ou de se livrer avec excès à tous les plaisirs.

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