CHAPITRE PREMIER
Les Précurseurs1.
Quand, au débul du seizième siècle, Budé livre au public quelques opuscules de Plutarque traduits en latin, ces traductions du grec sont les premières en France < ]ui soient l'œuvre d'un Français. Un peu plus tard, ses Annotations aux Pandectes, son de Asse vonl ouvrir à l'étude de l'antiquité «les rouies nouvelles et rendre le nom de Budé fameux dans toute l'Europe lettrée. Ce ne sont là que les ouvrages de la première partie de sa carrière, mais ils suffisent à marquer le rôle de leur auteur dans l'histoire littéraire de notre pays : c'est celui d'un initiateur qui, par son exemple et par ses leçons, a développé en France le goût des lettres anciennes. Ces œuvres, si elles ne l'ont point déterminée à elles seules, ont an moins précédé et même préparé la révolution décisive qui se l'ail alors dans l'esprit français. Aux directions imposées par la tradition du moyeu âge, d'autres vont se substituer peu à peu; on voit se modifier les programmes surannés dont s'inspirait, depuis des siècles, l'enseignement universitaire. L'étude désintéressée des langues anciennes apparaît, à présent, connue le rondement nécessaire de toute éducation libérale. La connaissance «pie l'on avait du latin est comme renouvelée par la diffusion des auteurs vraiment classiques. Celle du grec commence à se répandre, de la langue « grecque, sans laquelle c'est honte que une personne si' die sçavanl »2. Quand Budé meurt, en r54o, l'institution des leo
i. C'est li- litre même du chapitre où M. .1. Paquier [Jérôme Aléandre, l>|). 3i-37) :| étudié sommairement ce qu'était, avant la venue d'Aléandre, l'enseignement îles langues anciennes à Paris. Je n'en ai pas trouvé qui convînt mieux à mon propre travail.